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Cinq ans après la sortie du tout dernier volet des aventures d’Harry Potter, David Yates se lance dans une nouvelle série de films censés poser les fondations de l’histoire déjà contée de son héros fétiche. Ainsi, les Animaux Fantastiques nous fait voyager quelques années en arrière et nous fait quitter par la même occasion l’Angleterre, à la rencontre de nouveaux personnages magiques et non-magiques. Ils dissipent nos craintes de l’exploitation abusive de la licence, pour un agréable moment surnaturel offrant surprises et drôleries.

Ellis Island, 1926. Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) est un peu anxieux, et tente de le dissimuler au mieux. Le regard du douanier ne le rassure guère. Le sien est rivé sur sa valise qui ne cesse de faire des siennes. Quel est ce petit bazar sévissant à l’intérieur ?

La valise est passée au crible. Nul doute que le contrôle révèlera le pot aux roses. C’est sans compter sur l’option moldue actionnée par Dragonneau quelques secondes avant. Pantalons, chemises et écharpes : un contenu n’ayant décidément rien d’exceptionnel. Le soulagement de Dragonneau se mêle à son empressement : New-York et l’Amérique sont désormais tout à lui !

Déambulant dans les rues de la ville, il se fond dans la foule et entend les gens protester contre les sorciers. Il les écoute dénoncer des phénomènes étranges détruisant leurs maisons et leurs rues. Des yeux de lumière dans un voile de profonde obscurité…

La valise de Dragonneau finit par laisser s’échapper un petit animal très étrange. Une espèce de taupe dotée d’une poche ventrale de kangourou. La bête est facétieuse, elle se faufile jusqu’à la banque, guidée par sa lubie particulière. À l’instar d’une pie, elle amasse une multitude d’objets brillants qu’elle glisse sous sa fourrure.

Son insatiabilité initie un lien inattendu entre Dragonneau et Jacob Kowalski (Dan Fogler), un non-mage venu demandé un prêt pour fonder sa boulangerie, ainsi que l’arrestation du sorcier voyageur par Tina (Katherine Waterstone), une aurore en charge de faire respecter la loi des mages sur le territoire américain.

Qu’adviendra-t-il de Dragonneau ? Réussira-t-il à se défaire de ses chaînes et à remettre la main sur sa taupe ? Que dissimule cette vie trépidante dans sa valise ? Et la panique qui s’empare des habitants de New-York depuis peu ? Comment expliquer cette violence qu’ils témoignent à l’égard des sorciers ?

Un temps pour prendre

Les Animaux Fantastiques est le premier volet d’une trilogie écrite par l’auteur de la série Harry Potter, J.K. Rowling, et dont les deux autres épisodes ont d’ores et déjà été programmés pour sortir en 2018 et 2020. Ils seront eux-aussi réalisés par David Yates : on ne change pas une équipe qui gagne.

Car si le film a accaparé toutes les pensées des fans avant sa sortie, notamment par les inquiétudes légitimes liées à la direction artistique qui serait finalement choisie ainsi qu’à la teneur de l’histoire et ses échos à celle de Potter, il se montre à la hauteur des espoirs en insufflant un nouvel élan à l’univers.

Un temps pour donner

Ainsi, malgré quelques longueurs en début de film se justifiant par la nécessité pour David Yates de poser les bases de la trilogie à avenir, les Animaux Fantastiques captivent. En premier lieu, par ses personnages charismatiques, attendrissants, inquiétants, effrayants, magiques, ordinaires, amoureux.

L’interprétation d’Eddie Redmayne est une réinvention de son rôle de Stephen Hawking qu’il joua dans La merveilleuse histoire du temps en 2014. Elle lui permet d’ajouter de la souplesse et une douce folie à son personnage de Norbert Dragonneau.

Quant à celles de Colin Farell (Percival Graves) et de Katherine Waterstone, elles réussissent à créer l’illusion en portant le scénario et la beauté des décors et des costumes, mais sans étincelle.

Des étincelles qu’on trouve en revanche dans les jeux d’Ezra Miller (Croyance) et de Samantha Morton (Mary Lou Bellebosse), incarnant avec une certaine excellence la part d’ombre du film. En cela, les Animaux Fantastiques s’inscrit dans la continuité de la série Potter, conférant à certaines répliques une traîne faisant sa place dans l’esprit du spectateur, et propice à un émerveillement dépassant celui des effets spéciaux et des images de synthèse donnant vie aux créatures les plus fantastiques.