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Le hasard, s’il existe, fait parfois bien les choses. C’est ainsi qu’il fit se croiser le chemin de Skriber avec celui d’un tout jeune groupe originaire du West Sussex en Angleterre : Being. La démarche de Tom, l’une des moitiés de ce duo à la marge des formats, fut humble et néanmoins confidentielle. Being est en effet l’histoire d’un mystère entretenu par ses fondateurs. Un secret permettant de préserver une démarche artistique pure. De partager une idylle, celle de Being avec la liberté.

Bonjour Tom, et merci d’avoir accepté cette interview. Being vient de naître, et tu entretiens son secret depuis sa création. On sait que tu es l’auteur des deux premiers titres disponibles sur le site officiel du groupe. On sait également que les compositions se font à quatre mains. On sait enfin que c’est toi qui les interprètes. Avant tout, pourrais-tu revenir sur les circonstances que vous ont menés à créer Being ?

J’étais dans une situation difficile, et l’un de mes meilleurs amis m’a proposé de venir me réfugier chez lui. Je me suis installé, puis la vie a repris son cours. Il faisait ce qu’il avait à faire, moi de même. Le fait de collaborer ensemble sur un projet musical tel que Being ne m’avait pas effleuré l’esprit, à aucun moment. D’ailleurs, lui et moi n’avons pas décidé de nous lancer dans ce projet à proprement parlé. C’est venu naturellement, comme une évidence. Et depuis, Being évolue sans cesse dans cette même perspective.

Les deux premiers titres publiés sur le web, Over et Run for your life, décrivent un univers alternatif à l’atmosphère parfois pesante, qui m’a rappelé celui de The XX. En parallèle, ta voix partage une intention commune avec celle dont David Gilmour usait dans l’un des titres mythiques de Pink Floyd, High Hopes. Que t’évoque cette référence ?

J’aime beaucoup le son et l’identité du groupe Pink Floyd. Je me sens profondément connecté à sa musique même si, pour être honnête, je n’ai pas passé mon temps à l’écouter. À vrai dire, j’ai l’habitude que les gens cherchent à me comparer avec d’autres chanteurs. Certains d’entre eux ont déjà évoqué Maynard Keenan, le chanteur de Tool. En fait, je crois que les gens préfèrent être en recherche constante de ces comparaisons plutôt que de considérer ce qu’ils entendent, ce qu’ils voient, ce qu’ils ressentent, comme quelque chose de neuf. Il s’agit là de la nature humaine, et nous faisons tous la même chose.

“Depuis que je suis devenu auteur de chansons, j’ai été incapable d’écrire les mots d’une joyeuse insouciance. Les miens sont toujours lourds, écrits avec mes tripes et une intense sensibilité”

 

La tristesse est palpable dans le titre Over. Il semble lié à un souvenir lourd à porter. Quel est-il ? Où puises-tu cette profonde sensibilité ?

Cette chanson traduit une accumulation d’évènements difficilement gérable pour moi ces dernières années. J’ai eu de graves problèmes de santé. Qui plus est, des liens avec certaines personnes qui me tenaient particulièrement à cœur se sont brisés. Je vois Over comme une chanson qui deviendrait un phare d’espérance dans ces expériences de vie. Des expériences sombres, c’est vrai, mais qui ne sont finalement que le reflet du genre de personnes que nous sommes. Depuis que je suis devenu auteur de chansons, j’ai été incapable d’écrire les mots d’une joyeuse insouciance. Les miens sont toujours lourds, écrits avec mes tripes et une intense sensibilité. Ce qui peut parfois être une bonne chose et parfois une mauvaise, je suppose. Néanmoins, une fois mes pensées posées sur le squelette de la musique que mon ami a composée, l’ensemble révèle l’aspect organique de notre duo et le sert complètement.

S’il n’y avait qu’une seule chanson pour définir ta vie entière, laquelle serait-elle ? Même question bien sûr pour ton ami.

Pour ma part, ce serait Daysleeper de REM. La musique, les paroles, le sens et l’émotion de cette chanson me portent au quotidien. Pour mon ami, ce serait Alpha Omega de Karnivool. Ce morceau exploite tout autant le caractère de la musique d’ambiance que celui de la musique épique, elle reflète totalement les raisons pour lesquelles il adore ce groupe.

Merci Tom pour ce premier échange qui offrira l’opportunité au public français de découvrir une trajectoire qui ne manquera pas d’atteindre prochainement sa destinée. Et ça commence dès ce soir par un premier concert parisien au Pop In. On retrouve également toute votre actualité sur la page Facebook© de Being. Très bonne continuation à vous deux.