circa waves

Vendredi, retrouvez le second album de Circa Waves, Different Creatures. Le groupe anglais originaire de Liverpool emmené par son leader Kieran Shudall vous invite à entrer dans la danse, un rock diabolique complètement assumé ponctué d’épisodes pop-folk émerveillés. Quant à la perspective attachée à son message, elle a le mérite de révéler un début de réflexion intéressant, notamment quant à la société et sa consommation des médias.

Quatre ans bientôt depuis les toutes premières lignes de Young Chasers écrites par Kieran Shudall. Et deux depuis la sortie en 2015 du premier album de Circa Waves portant le même nom. Le temps coule comme une rivière, dont les chutes à quelques pas de là représentent l’ascension d’un groupe ayant su flairer le tournant.

Autour de Kieran Shudall, Sam Rourke, Joe Falconer et Colin Jones, arrivé sur la tard pour prendre la suite du premier batteur de Circa Waves, Sian Plummer, suivent les traces laissées par leur jeune auteur, compositeur et interprète charismatique pour vivre pleinement le plaisir d’une réinvention musicale pensée pour leur public.

Objectif : l’étonner encore car il est toujours temps. Car s’il coule comme une rivière, il ne s’agit pas non plus d’y jeter le bébé avec l’eau du bain. Au contraire, Circa Waves le retient et ne le lâche plus. Voilà sans doute la raison principale motivant cette envie d’impulser dans son nouvel album Different Creatures une dimension – presque – jamais entendue depuis les débuts du groupe.

« Se laisser porter dans cette direction »

Tels sont les mots de Kieran Shudall pour décrire cet instant ayant précédé le grand saut de Circa Waves dans la marmite d’un rock plus habité, plus ressenti, plus nuancé aussi. Le single déjà sorti Wake up inaugure ainsi l’élan de Different Creatures, comme si Brian Molko et sa Bitter end donnaient la note à The Offspring dans l’inoubliable Come out and play.

Les guitares s’apaisent dès Fire that burns en seconde plage pour céder la place à un rock plus pop. Elles s’emballent à nouveau et adoptent des résonnances à la Nirvana dans Goodbye. C’est énervé, c’est écorché, c’est envié. C’est toute une volonté d’initier le changement pour atteindre les sphères des plus grands. À Kieran Shudall d’ajouter : « Maintenant, je veux qu’on devienne les plus grands et les meilleurs ».

Honni soit qui mal y pense

Quoi de plus naturel après tout pour Circa Waves de vouloir crever le plafond ? Le groupe fait le plein à tous ses concerts, et la dynamique n’est pas prête de s’arrêter. Elle dépasse d’ailleurs le simple effet de mode. Le groupe en profite pour se retrouver et tirer les enseignements d’un passé qui était à deux doigts de le fissurer, comme l’évoque de façon détournée le titre A night on the broken tiles à travers les excès et les ivresses du groupe, empêtré à l’intérieur et qui ne voyait alors plus à deux mètres devant lui.

Si Different Creatures séduit dans sa globalité par la mesure dont sait désormais faire preuve Circa Waves, c’est parce qu’il sait accompagner nos divagations et notre nostalgie tout en offrant certains moments comme s’ils étaient des refuges, notamment en septième plage avec Love’s run out.

Et le titre phare de l’album me direz-vous ? Sans conteste, Stuck. Un brin formaté, mais tellement efficace si l’on considère qui plus est le texte engagé du jeune Kieran Shudall. En dénonçant la funeste ambition de la télévision et des réseaux on the web, le voici devenir une figure du « secoue-toi un peu, tant de choses t’attendent dehors derrière ton écran » et du « lève la tête de ton smartphone avant de passer à côté de ta vie ».

En cela, Circa Waves pourrait sans doute devenir l’antidote usant des propriétés du poison qu’il révèle à tous pour se frayer un chemin jusqu’au mental des principaux concernés. Son prochain concert à La Maroquinerie le 13 avril sera en tous les cas l’occasion de boire son remède à satiété.

 



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