eva cendors

Eva Cendors est une femme solaire venant d’un pays dont elle a connu la révolution lorsqu’elle était petite. Une femme avec cette petite fille à l’intérieur qui a su dépasser la dureté des mots de son père afin de poursuivre son rêve artistique fait de cinéma, de théâtre et de musique. Elle a sorti un nouvel album fin 2016 intitulé Mirages et le joue actuellement en République Tchèque avant de reprendre sa tournée française. Rencontre avec Eva Cendors, dans l’intimité de chacun qu’elle ose bousculer pour la partager.

Eva Cendors, bonjour, et merci d’avoir accepté cette interview. Tu es comédienne, mais aussi doublure, voix-off, enseignante. Et depuis 2009, tu écris, composes et interprètes tes propres chansons. Ta boulimie de travail révèle ta passion sans limite pour les arts scéniques, la musique et la littérature. Tu es originaire de République Tchèque, et plus précisément, d’une petite ville portant le doux nom de Jablonec Nad Nisou, située dans le nord du pays à moins de 100 kilomètres de Prague. Quels souvenirs gardes-tu de ton enfance ?

Je suis née en 1977 et j’ai grandi au milieu des montagnes et de la nature. J’étais très libre de mes mouvements. Mes parents étaient très bienveillants lorsque je sortais pour m’amuser dehors. Ils m’encourageaient également dans mon exploration artistique, même s’ils la considéraient dès le départ comme un loisir. J’ai commencé à apprendre la flûte, puis à chanter dans une chorale. J’avais six ans à l’époque. Ils étaient très fiers de moi même s’ils n’étaient pas du tout musiciens eux-mêmes. En fait, tous les deux étaient ingénieurs. C’est sans doute pour cette raison qu’ils me considéraient un peu comme une extraterrestre (rires).

Lorsque tu étais petite, il paraît que tu apprenais des poèmes par cœur lorsque tu faisais le ménage pour transformer la corvée en plaisir. Quel est celui dont tu pourrais maintenant te remémorer certains vers pour les partager avec nous ?

Je me souviens plus particulièrement de celui écrit par le poète tchèque Jaroslav Vrchlický. Il s’intitulait Za trochu lásky, et il disait :

« Za trochu lásky šel bych světa kraj,
šel s hlavou odkrytou a šel bych bosý,
šel v ledu – ale v duši věčný máj,
šel vichřicí – však slyšel zpívat kosy,
šel pouští – a měl v srdci perly rosy.
Za trochu lásky šel bych světa kraj
jak ten, kdo zpívá u dveří a prosí
 »

En français, cela donnerait : « Pour juste un peu d’amour, j’irais, j’irais partout. J’irais cheveux au vent, j’irais pieds nus. La neige ? Dans mon cœur, ce serait amadou. L’orage ? À mon oreille une chanson de merle. Le sable de mon âme, il y pleuvrait des perles. Pour juste un peu d’amour, j’irais, j’irais partout, mendier comme l’homme qui chante au coin des rues ». Je m’enivrais complètement de la sonorité des mots lorsque je faisais le ménage. Ça me permettait de m’évader. Ça me faisait du bien.

La Révolution de Velours se déroula à la fin de l’année 1989. Elle précipita la chute du régime du parti communiste tchécoslovaque et celle de la République socialiste tchécoslovaque. Comment as-tu vécu cette période forte de l’Histoire de ton pays ?

Je me souviens d’une époque excessivement chargée d’un point de vue émotionnel. J’avais douze ans et demi lorsque les évènements se sont produits. Du coup, je me rappelle bien de tout ce qui s’est passé : j’étais déjà bien consciente des choses qui avaient lieu. Nous en parlions beaucoup à la maison. Mes parents étaient des intellectuels. Ils étaient contre le régime communiste, mais ils le dissimulaient, contrairement à d’autres personnes qui revendiquaient leur opposition et finissaient en prison. Dès le début de l’année 1989, il y avait un certain nombre de grèves à Prague, et de plus en plus chaque jour. Mon père voulait vraiment participer à ces grèves pour soutenir le mouvement, il se sentait prêt à aller à Prague dans ce sens. En novembre 1989, la Grande Grève battait son plein à Prague. Les étudiants, les intellectuels et les artistes ont alors décidé de se rendre au château. Leur manifestation a fini dans le sang avec l’intervention de la police. Je ne crois pas qu’il y ait eu des morts, mais des blessés graves, oui. C’est ce qui a déclenché la chute du régime en seulement quelques mois. Je me souviens avoir pleuré très souvent. J’étais une préado, j’avais peur. J’étais prête à soutenir moralement le mouvement. Je me rappelle que nous faisions des photocopies de slogans qui disaient : « Notre liberté est un droit », « Ave Václav Havel ». Václav Havel était dissident, et c’est celui que le peuple tchèque voulait pour diriger le pays. Nous collions des affiches. Nous étions très enthousiastes, tout en ayant peur. Je me rappelle aussi qu’à l’école, les professeurs étaient très embarrassés car ils devaient toujours nous instruire selon les directives du régime communiste. Mais lorsqu’ils virent que le vent était en train de tourner, ils commencèrent à discuter avec nous et à organiser des débats. Puis nous avons très rapidement abandonné l’apprentissage du russe au profit de l’anglais. Du coup, les professeurs qui enseignaient le russe se sont mis à la page anglaise presque en même temps que nous, leurs élèves : c’était une totale improvisation ! Les modèles culturels d’hier ont eux-aussi été très vite remplacés par ceux de la société occidentale. Lorsque Václav Havel fut finalement élu président, nous avions du mal à y croire. Pour nous, c’était comme un rêve qui se réalisait.

Vaclav Havel

Tu parlais d’improvisation concernant tes professeurs de russe devenant des professeurs d’anglais par la force des choses : peut-on également parler d’une identité « improvisée » concernant celle du pays une fois que les évènements eurent lieu ?

Durant cette période où le peuple tchèque quittait le communisme pour se tourner vers l’Occident : absolument. C’était comme si nous redécouvrions un monde ! Imagine : tu vis pendant près de quarante ans dans une carcasse où l’économie est centralisée, où tout est centralisé. Où tout le pouvoir n’appartient qu’à un seul parti. Et d’un coup, ça lâche ! Nous devions surtout apprendre la liberté. C’est comme un enfant qui serait enfermé dans sa salle de classe pendant une longue période, et à qui on dirait un jour de sortir dans la vie pour faire ses propres expériences. C’était incroyable !

Après la Révolution de Velours, ton pays a t’il retrouvé des pans de sa culture, perdus avant d’être sous la domination communiste ?

Mes parents ont été les premiers enfants nés sous le joug communiste à la fin des années 40. Ils n’avaient connu que ce régime et ses restrictions. Du jour au lendemain, ils ont pu voyager librement vers d’autres destinations que vers l’Est. La possibilité d’échanger avec d’autres cultures aussi : un formidable atout y compris pour la culture tchèque ! Sans parler de la disparition de la censure qui étouffait la pensée, les arts, la culture de notre pays. Cette culture a pu à nouveau s’exprimer une fois que le pays sortit du bloc communiste, comme le fit l’écrivain tchèque Milan Kundera, en exil en France et naturalisé en 1981. Enfin, il y a aussi tous les aspects liés à notre culture religieuse. En République Tchèque, de nombreuses mythologies en rapport avec la nature se côtoient. Elles s’apparentent pour certaines à des rites un peu païens. Elles existaient avant le communisme, et sont revenues de façon plus marquée après sa chute.

Tu étudies la linguistique, la littérature française et le théâtre à Prague, puis tu te lances dans une carrière de comédienne qui te fait parcourir le monde. Tu m’as confirmé tout à l’heure que tes parents étaient ingénieurs et qu’ils considéraient ton chemin artistique comme un loisir. Comment ont-ils vécu ton choix pour cette voie d’un point de vue plus professionnel, à l’opposé de la leur ?

Ils l’ont vécu comme un choc. Un rejet assez prolongé. Je me souviens les avoir appelés au moment de commencer mon cursus à l’Académie de théâtre de Prague, l’équivalent du Conservatoire des Arts dramatiques à Paris. J’avais été acceptée dans cette Académie prestigieuse, je n’y croyais pas moi-même. C’était un miracle pour moi de l’intégrer. Je vivais déjà de façon indépendante. Le dire à mes parents n’était pas une obligation. Mais je me sentais devoir le faire. Et je me souviens ces plus de trente secondes de silence à l’autre bout du fil, puis mes parents m’exhortant de terminer mes études de Lettres avant de faire quoique ce soit d’autre. Ce que j’ai fait.

Quelle est la pire chose gravée dans ta mémoire qu’ils aient pu te dire pour tenter de te dissuader ?

C’est vache ça comme question ! (rires) Je me rappelle de certains propos de mon père. J’avais achevé mes études et je venais de me lancer dans le métier. Il m’a dit : « Tu sais, je suis ingénieur. J’ai bien étudié les maths et la physique. La probabilité qu’un jour tu perces, c’est zéro ».

Comment l’as-tu ressenti sur le coup, et avec le recul ?

Je pense qu’il vaut mieux encourager ses enfants dans leurs passions, leurs talents, et leur envie d’aller jusqu’au bout pour s’y accomplir. C’est ce que je répète d’ailleurs à tous les parents que je croise. C’est ce que je ferai avec le mien, même si je ne sais pas encore ce qu’il voudra faire plus tard de sa vie, sachant qu’il n’est encore qu’un bébé. Je crois que c’est bien plus compliqué d’aller jusqu’au bout et de réussir lorsque les parents ne sont pas aux côtés de leurs enfants. Certes, on s’y fait. Je m’y suis faite. Mais je crois que c’est quand même mieux quand on a le soutien de son père et de sa mère.

As-tu repensé régulièrement aux mots de ton père durant ta carrière ?

Oui. Ça résonnait comme un écho en moi. Quand je passais des castings, quand je changeais de métier. Quand j’essuyais des refus, quand je vivais des échecs. Je pense que les mots de mon père ont bien miné ma confiance en moi en définitive. Mais le point positif, c’est que lorsqu’on est dans ce genre de situation, on bosse beaucoup plus. Et par conséquent, ça nous renforce. C’est ce qui s’est passé pour moi sur le long-terme, et cela m’a confirmé que c’était ce que je voulais faire de ma vie. Même si cela m’a fait souffrir pendant un joli moment.

eva cendors

En 2005, tu rencontres Thierry Panchaud qui te met en scène dans son monologue Visages. Puis tu croises la route de Catherine Dasté, la petite-fille de l’illustre Jacques Copeau, une figure majeure du théâtre français et fondateur de La Nouvelle Revue Française avec entre autres André Gide et Marcel Drouin. Tu interprètes Lady Ann sous sa direction, l’un des personnages phares de Richard III de William Shakespeare. Quels impacts cette rencontre avec Catherine a-t-elle eu sur ton travail de comédienne et sur ta vision du théâtre ?

Ce fut une expérience extraordinaire ! Catherine Dasté est une femme qui respire le théâtre. Qui respire l’Art. Le plus grand cadeau que j’ai eu est d’avoir pu conserver notre amitié après cette expérience. Elle est même venue me voir à Paris lorsque je jouais le monologue de Thierry Panchaud. Être dirigée par Catherine Dasté m’a donné une confiance folle, je me suis aussi sentie très honorée. C’était comme si mes ailes s’ouvraient. Qui plus est, notre vision du théâtre a toujours été très proche. Elle et moi aimons les scènes nues où seuls le corps, l’âme et la voix du comédien créent l’histoire. C’était vraiment un formidable travail dont je garde de très bons souvenirs.

En 2006, tu te décides finalement à rallier Paris. Tu incarnes plusieurs rôles dans des courts-métrages, des films et des séries. Pour finalement te retrouver sur France Culture afin d’enregistrer des voix-off et des lectures publiques. Le grand écart dans la continuité en quelque sorte. N’y aurait-il pas quelqu’un en particulier caché derrière ce choix ?

Paris, c’était vraiment mon rêve. Surtout quand on vient de la République Tchèque comme moi. Mon pays est petit, j’avais vraiment ce besoin de voir et de vivre plus grand. J’étais déjà installée en France en Haute-Savoie, je donnais des cours au Conservatoire de Genève. J’y étais également comédienne et assistante de mise en scène. Mais c’était une petite ville aussi. J’étais déjà mariée à Pierre Cendors. Il est écrivain. Il ne trouvait pas sa place dans sa région natale. Du coup, lorsque je lui ai dit que j’aimerais beaucoup vivre à Paris, nous sommes partis nous y installer. Il était moins enthousiasme que moi à cette idée. Mais finalement, nous y sommes aujourd’hui très heureux. Et en tant qu’artistes, la ville nous stimule énormément.

Dans quels films majeurs as-tu joué lorsque tu étais comédienne ?

J’ai notamment travaillé avec Audrey Dana pour son film Sous les jupes des filles, dans lequel je donnais la réplique à Julie Ferrier ; dans le long métrage de Delphine Gleize : La permission de minuit. J’ai été également doublure lumière dans Taken 2.

En 2009, tu décides donc de débuter tes premières compositions musicales ? D’où t’est venue l’idée ?

Je vais être très honnête (rires). Lorsqu’on est comédienne, il y a des périodes où l’on t’appelle régulièrement. Et d’autres où c’est le silence radio. Et cela n’a même pas de lien avec le fait d’être bon ou pas. Il s’agit seulement des méandres de la vie qui font qu’il y a des hauts et des bas. Lorsque je me retrouvais dans ces bas, dans ces moments de vide, j’avais besoin de faire quelque chose. Car si je ne crée pas, je suis morte, je ne vis plus vraiment. Une amie m’a alors encouragé à essayer la musique. J’étais un peu perplexe. Mais j’étais aussi déprimée. Je me suis donc enfermée dans ma chambre en me disant que si j’étais capable de faire une chanson, je serais sans doute capable d’en faire d’autres. Deux heures plus tard, je sortais de la pièce avec les paroles tchèques et la composition de mon premier morceau : Les pèlerins de l’univers. Le retour des gens à qui je la chantais était plutôt bon.

Quelle est ta formation musicale ? Savais-tu déjà jouer d’un instrument ?

J’ai une formation classique en flûte traversière en République Tchèque. J’ai pratiqué cet instrument pendant dix ans. Je dispose donc de bonnes connaissances de solfège. J’ai aussi appris la guitare lorsque j’étais ado. Je l’avais demandée à mes parents pour pouvoir jouer quelques accords lorsque nous étions au coin du feu avec mes amis. J’ai repris la guitare lorsque j’ai composé mes premières chansons.

Tu crées donc le personnage d’Eva Cendors…

En fait, j’ai demandé à mon mari si je pouvais utiliser son nom de plume pour mon nom de scène (rires).

“Parfois on se dit que ça prend trop de temps. Mais en fait, c’est en prenant confiance que ce qu’on fait, ce qu’on porte, trouve une résonance chez les autres”

 

Eva Cendors est une femme qui a bien bourlingué puis qui est devenue maman. Eva Cendors est un joli mélange de poésie française accessible à tous et d’instruments classiques côtoyant parfois les sons d’aujourd’hui, plus rentrés et plus électro. Ta voix m’a rappelé celle de Suzanne Vega, notamment dans son titre Small Blue thing. L’écriture à celle de Linda Lemay. En 2010, tu sors un premier EP, L’appel. Comme celui du grand large. Comme celui d’une autre vie. Était-ce un nom si évident que cela ?

Effectivement. Je faisais mes premiers pas en tant qu’auteure, compositrice et interprète. C’était fragile, car étudier et faire de la musique classique, ce n’est pas la même chose que de faire de la chanson. Du coup, j’avais un certain nombre d’hésitations au début. L’appel était donc celui que je lançais pour voir quelle réponse j’aurais en retour.

Irradiations nocturnes est la seconde plage de cet EP. Tu y chantes un amour capable de brûler comme le feu. Un amour extrême qui interroge car il vient juste de naître. Quelle femme se dissimule derrière l’artiste aux multiples facettes ?

(silence) Quand on est créatif, quand on est artiste, je dirais qu’on boit la vie à grands traits. La femme derrière l’amour évoqué dans cette chanson est une femme absolue. Irradiations nocturnes est un témoignage authentique : le clip de la chanson va également dans ce sens. Il a été réalisé par Christophe Leclerc dans une perspective très artistique et originale.

Montagnes Russes, l’une de tes autres premières compositions, m’a beaucoup plu. Tu y développes le sentiment d’abattement que l’individu peut parfois éprouver dans son quotidien. Un abattement pouvant le mener à ses bas-fonds jusqu’à l’abandon de ce qu’il est et de sa vie. Le phrasé que tu emploies dans cette chanson est proche de celui d’un slam. Il accompagne la descente aux enfers et invite chacun à se redonner courage. Dans une interview datant de 2015, tu déclares : « Mes textes, c’est ma vie. C’est ce que je vois autour de moi. C’est ce que je ressens ». Quel évènement de ton vécu aurait pu terrasser ta faim de mots et de musique ?

Chaque artiste, chaque être humain se heurte à des moments où il y a plusieurs rejets, des échecs, des choses qui ne fonctionnent pas. Et la dérive financière personnelle qui va avec. Des moments durant lesquels on ne se sent pas reconnu, valorisé. Des moments où c’est dur. Et souvent dans ces moments-là, boum ! Il y a quelque chose qui se déclenche, une proposition qui arrive. Et si demain tu touches le fond, peut-être que tu crèveras le plafond demain. Je suis heureuse en tous les cas que tu dises que Montagnes Russes t’évoque un slam, car personnellement, et même si je fais la différence entre les deux genres, je voulais en faire en rap. Mais je me suis finalement ravisée, en me disant que je le rap était un peu trop éloigné de moi.

eva cendors live

Que crois-tu qu’il te manque pour « crever le plafond » comme tu le disais à l’instant, mais aussi dans ta chanson ?

Un grain de confiance. Parce que parfois on se dit que ça prend trop de temps. Mais en fait, c’est en prenant confiance que ce qu’on fait, ce qu’on porte, trouve une résonance chez les autres. Pendant très longtemps, j’ai eu ce doute en moi – probablement mis là par mon père – qui me faisait penser que je n’avais rien à apporter au monde. Mais quand je vois la réaction des gens qui écoutent ma musique, je me dis qu’il s’agit surtout de continuer, de partager.

« Commence à rire comme un fou, à danser partout, à te moquer de toi » : Eva Cendors pense-t-elle aujourd’hui que sa rigueur a pu jouer contre la reconnaissance artistique qu’elle recherche depuis ses débuts ?

Je crois qu’au fond, chacun peut être son meilleur ami ou son pire ennemi. Lorsqu’on arrive à apprivoiser ce pire ennemi qui sommeille en nous, les portes s’ouvrent. Je sais que ce pire ennemi restera toujours. Mais j’ai aujourd’hui l’envie de lui dire que je peux également être brillante. Car j’ai vraiment l’envie de briller.

Ton album Mirages est sorti en novembre 2016. Là aussi, on devine que son nom n’a pas été choisi par hasard. Quelle est cette réalité à laquelle Eva Cendors croit et qu’elle souhaiterait voir se concrétiser dans les prochains mois ?

Mirages, c’est pour désigner cette réalité que chacun d’entre nous se construit et qui devient notre réalité. Quand on ouvre les yeux et son esprit, quand on voyage et qu’on va à la rencontre des autres, on se rend finalement compte que le monde est beaucoup plus large et qu’il compte bien plus d’opportunités que les quelques-unes qu’on a pu entrevoir. Mirages est donc un album qui invite à aller au-delà des mirages que l’on se forge à travers notre réalité, fruit de notre expérience. C’est le message que je souhaite continuer à diffuser au public durant les prochains mois par l’intermédiaire des concerts d’ores et déjà prévus en France et en République Tchèque. Créer aussi des collaborations avec d’autres artistes pour qu’ils enrichissent mon univers et que j’en fasse de même pour le leur. Poursuivre enfin la conception de vidéos d’art, car c’est ce qui me parle aussi, et ce depuis des années, afin de relier l’image à la musique.

Merci Eva Cendors pour cet échange. Si le véritable amour n’a aucune limite, l’expression artistique libre non plus : on te souhaite que la tienne te porte là où tu l’espères. On retrouve tes prochaines dates sur ta page Facebook ainsi que sur ton site officiel. Une très belle continuation à toi.