highasakite

Moins de sept mois après la sortie de son troisième album Camp Echo, le quintet Highasakite se montre à la hauteur de son nom et nous guide vers une défonce saine et aérienne. À travers ces Acoustic Versions de quatre titres tout aussi sombres que lumineux, Highasakite étonne et bouleverse. Et cette question du bout des lèvres d’Ingrid Helene Havik : saurez-vous enfin retrouver le chemin vers ce que vous anima jadis ?

J’ai retrouvé le chemin qui menait jusqu’à chez toi. J’ai trouvé un home vide de sens, vide de toi. À mon tour, je me suis senti vidé avec à mes trousses, cette satanée vie qui me rappelle l’erreur de ce jour et la cruauté de tous ces autres que je ne revivrai jamais. Maintenant que tu es loin et que je ne suis plus. Qu’un vague souvenir dans un sourire perdu.

Si le groupe norvégien Highasakite sait trouver les mots, la voix d’Ingrid Helene Havik sait les faire retentir dans tout ce que nous sommes. À la manière d’une Lykke Li ou d’une Aurora, la sensibilité à fleur de peau de cette vocaliste formée au Conservatoire de jazz de Trondheim en Norvège se libère encore et toujours, nous offrant toute la plénitude de ses pensées ainsi que la rage d’une peur élancée.

Dans son ombre, les pianos, l’harmonium et la cithare manipulés par elle et ses acolytes parcourent des territoires froids et silencieux avant de fusionner pour diriger toutes leurs énergies vers cette porte de sortie semblant capable de résister à toutes les vaines tentatives de l’être pour l’ouvrir. C’est mal connaître Highasakite et sa force dénuée de compromission. C’est mal jauger la puissance émotionnelle du groupe qui, depuis sa création en 2011, ébranle les certitudes les plus récalcitrantes pour en faire de la charpie.

Te mourir pour mieux te réinventer

Since last Wednesday, le chemin est tortueux dans l’esprit de tous, dans celui de chacun. Difficile de se confronter à soi-même dans une société devenue hermétique aux sentimentaux de tous bords. Dans un isolement toujours plus grand, au creux de ces existences magnifiées, inventées, bien éloignées de la triste réalité.

Ce single paru pour la première fois en 2013 marque le début de la petite histoire contée par Highasakite dans Acoustic Versions. Enregistré en seulement quelques heures dans les studios Propeller à Oslo, cet EP est à l’exception ce que le diamant est à l’alliance d’or blanc. C’est bien connu, la rareté ne laisse aucune trace lorsqu’elle s’en va. Parce qu’on l’a laissée s’échapper. Leaving no traces, tiré de Silent treatment, pour des troubles durables qui nécessitent l’effort dit surhumain pour vivre avec. Malgré tout. Pour se soigner de l’absence qui ronge. Pour guérir et s’élever à nouveau.

Briser ses chaînes pour sa chance d’infinité

Quoi de mieux alors que ces Samourai Swords pour trancher dans le vif du sujet et se défaire du poids que chacun est seul à s’imposer ? Un écho à Camp Echo sorti en mai dernier, troisième album de Highasakite, nous confiant à cette occasion l’échappée belle, tout du moins, celle qui le sera à nouveau. Bientôt.

Être indulgent, accepter sa perfectibilité, « cette faculté marquant la différence entre les hommes » comme l’avançait Madame Necker en son temps. Une autre femme de lettres qui transpire de l’écriture d’Ingrid Helene Havik, qui surgit dans ce Golden ticket qu’elle nous tend pour ce nouveau départ salvateur. OuOuuu pour l’emprisonnement inaltérable de notre âme.

La clef de cette alternative qui n’en est pas une ? La décision que vous prendrez en votre âme et conscience pour l’entendre, elle. Pour entendre vous.

 



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