jonathan jackson + enation

Après la sortie en 2014 de son quatrième album Radio Cinematic, Jonathan Jackson revient aujourd’hui avec le groupe Enation formé avec son frère Richard Lee en 2004 avec Anthem for the Apocalypse, un opus mélangeant subtilement un rock énergique à une pop aérienne qui nous fait survoler les chaudes plaines du Tennessee et danser avec les tornades furtives cachées entre ciel et terre.

Jonathan Jackson n’était pas fait initialement pour faire de la musique. La visite qu’il fit en famille à ses neuf ans des studios d’Universal à Hollywood le convainquit en effet à devenir acteur. Dès 1991, il s’inscrit avec son frère Richard Lee à des cours d’interprétation à Portland. En 1993, il décroche son premier grand rôle dans la série General Hospital et obtient cinq Emmy Awards pour son rôle de Lucky Spencer.

Au cinéma, il se distingue six ans plus tard dans le film The Deep End of the Ocean réalisé par Ulu Grosbard. Il y interprète le rôle de Vincent Cappadora, le frère démuni d’un jeune garçon kidnappé, aux côtés de Michelle Pfeiffer, Whoopi Goldberg et Treat Williams. Puis en 2002, il joue dans le troisième long-métrage de Christopher Nolan, Insomnia, avec Al Pacino, Robin Williams et Hilary Swank.

Le carnet d’adresses de Jonathan Jackson se remplit et on le voit apparaître dans d’autres productions américaines jusqu’en 2009. Mais en parallèle, il forme dès 2004 le groupe Enation avec son frère Richard Lee, devenu acteur tout comme lui. Le premier écrit, compose et chante accompagné de sa guitare. Le second joue de la batterie. Le premier album de la fratrie, Identity Theft, sort la même année. Dix ans plus tard, le groupe adopte définitivement le nom Jonathan Jackson + Enation avec la sortie de Radio Cinematic.

Une star en quête de sens

Jonathan Jackson baigna très tôt dans le « star system ». Nul doute que son parcours fut en partie déconnecté de certaines réalités, ou connecté à des expériences intérieures difficiles. C’est ce qui explique partiellement l’investissement de Jonathan Jackson + Enation dans les causes défendues par les associations que le groupe soutint régulièrement dès sa création, à l’instar de The Syria Project et de Not for Sale, dédiée à l’abolition de l’esclavage moderne.

La sortie en 2016 de la compilation Basileia Ton Ouranon confirme cette trajectoire : Jonathan Jackson confie à cette occasion sa conversion à l’orthodoxie, son amour pour la Montagne Sacrée (ndlr : le Mont Athos en Grèce, un territoire autonome regroupant une vingtaine de monastères placés sous la seule autorité du patriarcat œcuménique de Constantinople) et son impact sur la musique d’Enation.

Un homme découvrant le sien

Anthem for the Apocalypse, s’il peut être considérer comme un acte de reconnaissance de la fragilité humaine et de rédemption, est aussi la synthèse faite par Jonathan Jackson d’une introspection dépassant les seuls traits mystiques et religieux de ses nouvelles convictions et croyances. Le silence des illusions et celui de la confusion coopèrent dans Alleluia : ils répondent à la seconde plage, Revolution of the Heart, un soulèvement de l’esprit qui se mettrait au service d’un monde meilleur.

Dans les voix façonnées par Jonathan Jackson à la manière d’un Will South dans le titre Thirst ou à celle d’un Brian Molko dans le titre album, des rêves survivant aux années qui passent. Let the Beauty out : sans doute parce que la véritable est avant tout celle du cœur. Loin de son image peoplisée, Jonathan Jackson cherche désormais à transcender sa raison de vivre.

 



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