paerish

Fin 2016, le groupe Paerish a sorti un premier album intitulé Semi Finalists. Désormais établis à Paris, ses membres se distinguent par leur amour inconditionnel pour le rock qu’ils s’approprient comme une évidence. Si leurs références musicales, très cohérentes avec le rendu final de Semi Finalists, sont nombreuses, elles trouvent un nouveau souffle dans l’énergie qu’ils déploient désormais sur scène avec leurs propres morceaux. Rencontre avec Martin Dupraz, le bassiste de Paerish, et avec Mathias Court, son guitariste et chanteur.

Bonjour Martin, et merci d’avoir accepté cette interview. Avec Mathias, Frédéric et Julien, tu formes le groupe Paerish. Vous faites vos débuts dès 2010 sous un premier nom de scène, Crackity Flynn. Crackity faisait référence à l’adoration de Mathias pour les Pixies, Flynn à celle pour Machine Head. L’idée était de mettre en avant la double personnalité musicale du groupe dédiée au métal et à la pop-folk. Pourtant, vous changez de nom pour Paerish cinq ans plus tard. C’était quoi l’idée ?

Martin Dupraz : L’idée nous a été soufflée par Vince Ratti et Will Yip qui ont mixé et masterisé l’album. Tous les gens à qui ils en parlaient autour d’eux aux USA n’aimaient pas le nom, et vu qu’on avait du mal à le faire rentrer dans la tête des gens à chaque concert, on s’est dit que c’était la bonne occasion de se créer une identité fraîche et nouvelle. Même si on était attachés à ce nom, personnellement, il m’arrive déjà parfois d’oublier qu’on s’appelait Crackity Flynn avant. Ça ne me manque donc pas du tout ! Certains pensent aujourd’hui que l’on s’appelle Paerish parce qu’on vient de Paris. On doit souvent l’expliquer, mais ça leur fait un bon moyen mnémotechnique pour se rappeler de nous ! En tous les cas, depuis ce changement de nom et la sortie de notre single Undone en 2015, tout a été positif pour nous : on a donc sûrement fait le bon choix.

Mathias Court : Je pense que ce changement de nom aura été, avec l’enregistrement de notre album Semi Finalists à l’étranger, une des meilleures décisions prises pour le groupe. Depuis, nous avons vécu plus de trucs cools en un an de Paerish qu’en cinq ans de Crackity Flynn.

Dans vos précédentes interviews, vous mettez en avant les aspects rebelles de vos origines provinciales. Toi-même Martin, tu as déclaré : « C’est une vraie volonté de ne pas faire que du rétro, sinon ça s’essouffle très vite. La mode des synthés années 80 va commencer à s’essouffler et je ne donne pas cher de la peau de la vague shoegaze, même si je souhaite une longue vie aux bons groupes de cette mouvance ». Quelle est la valeur ajoutée complémentaire de Paerish par rapport à ces autres groupes ?

Martin Dupraz : Je n’ai jamais eu la prétention de dire qu’on faisait mieux qu’eux qualitativement, et heureusement ! Par contre, j’ai l’impression que certains musiciens montent leurs projets en calculant tout, du choix du style musical à certains choix d’imagerie et autres, sans aucune spontanéité. Je pense que notre force (qui peut aussi être une faiblesse) réside dans le fait que l’on tient à rester naturels. On est entre plusieurs cases musicales, on ne cherche pas à se marketer dans une niche précise, que ce soit devant le public de Silversun Pickups ou de Sum 41. On joue les mêmes morceaux, avec la même énergie et la même identité. On ne cherche pas à plaire à un public précis. Ça peut être à double tranchant mais on y tient.

Mathias Court : Oui là attention, ça fait pas du tout de nous des rebelles ! (rires) C’est juste que le thème même de l’album correspond au fait de venir d’une petite ville, ainsi qu’à peur qu’on peut éprouver quand on débarque à Paris pour y faire sa vie. L’album ayant été composé sur plusieurs années, ça parle autant des débuts dans la capitale que de l’envie d’en partir après quelque temps. Je ne pense pas que ce soit une valeur ajoutée, c’est juste qu’on s’est jamais vraiment senti parisiens et qu’on le dit, parfois.

paerish live

Martin, tu as grandi dans le Beaujolais à Belleville-sur-Saône. Dans le bus qui te menait à l’école, tu écoutais Blink-182, The Smashing Pumpkins, The Offspring. Ton rêve de musique envahissait déjà toute ta tête. Avais-tu prévu qu’il prenne cette tournure quelques années après ?

Martin Dupraz : Non clairement pas, surtout qu’on a grandi dans une époque où les médias et certains artistes essayaient de nous convaincre que le piratage tuait les artistes et que la musique allait disparaître : forcément, tu mets ce rêve de côté ! (rires) En tous les cas, je ne me suis jamais dit que je partirai un jour en tournée avec Sum 41 ! En 2004, je commençais à peine la basse, j’allais les voir en concert à Lyon et je faisais la queue des heures avec mon meilleur pote pour qu’ils signent mon CD de Does this look infected ? au megastore de Lyon ! Avoir un groupe a toujours été une volonté, que ce soit au lycée où on faisait plein de reprises avec mes potes du coin, puis à Paris avec différentes formations plus ou moins sérieuses. Après, plus les années ont passé avec Paerish, plus on s’est rendu compte qu’il y avait des possibilités. On a donc travaillé comme des fous pour y arriver. Quand je me revois en train d’écouter Blink et Cave In dans le car qui m’emmenait au lycée, jouer devant des milliers de personnes n’était qu’un lointain rêve un peu interdit.

Quel rôle ta famille a-t-elle joué dans ton exploration de la musique, ton apprentissage, tes influences ? Ça jouait à la maison ?

Martin Dupraz : Mon père est batteur, il a fait le Conservatoire de Lyon. Il avait un groupe quand il était jeune : j’ai encore le vinyle, qui sonne super bien d’ailleurs ! Il m’a transmis le virus, même si je l’ai peu vu jouer et que la batterie ne m’a jamais vraiment tenté : je suis trop flemmard ! (rires) Le bassiste de son groupe est mon parrain, donc il m’a énormément appris tout au long de mon adolescence sur les différents types de basses, les façons de jouer, etc. Mon père écoutait beaucoup de groupes comme The Beatles, Queen et d’autres classiques qui, encore maintenant, reviennent très souvent sur mon iPod. Mon frère grattouillait aussi un peu. Il avait 16 ans de plus que moi. Il était à fond dans sa période grunge quand j’étais petit. J’ai rapidement été habitué à écouter Nirvana, Alice in Chains, Green Day, Rage against the machine : ça te façonne énormément ! Ça m’a fait grandir dans un beau mélange de mélodies british et de gros sons américains. Ça décrit plutôt bien tout ce qui m’intéresse musicalement dans le rock, même si j’ai aussi eu une grosse période hip-hop plus jeunes : je continue d’ailleurs à en écouter.

La fin de l’année 2016 a été l’occasion pour Paerish de tourner une première grande page de son parcours qui carbure depuis une peu plus d’un an maintenant. Après vos premières années de disette, vous avez bouclé votre tournée avec Silversun Pickups, puis vous avez sorti en décembre votre premier album Semi Finalists. Avec le recul, quel sentiment gardez-vous de cette année ?

Martin Dupraz : C’était évidemment énorme ! Semi Finalists avait été enregistré en janvier 2015. Ça a été un soulagement et une énorme satisfaction de le sortir. Certains morceaux dataient de 2010 et après les avoir bossés pendant des années, on était hyper fiers de pouvoir enfin les sortir pour les partager avec le public. On adore cet album, même si le fait d’attendre longtemps pour le sortir n’a pas été toujours facile à vivre. On est donc hyper excités à l’idée de le défendre en live. Cette tournée avec les Silversun Pickups a été une grande confirmation pour notre groupe. Rencontrer ces super musiciens qui ont été bienveillants et cools avec nous, jouer dans des super belles salles à travers toute l’Europe dans des pays qu’on avait jamais visités avant et rencontrer toutes ces nouvelles personnes, nos fans, les techniciens, les médias, etc : c’est fou et c’est ce pour quoi Paerish existe. Donc oui, 2016 a été une année charnière pour nous. On a eu pas mal de choix importants à faire qu’on ne regrette pas, et tout ce travail a été couronné par la tournée avec Sum 41 début 2017. On continue à bosser plus que jamais pour que ça dure le plus longtemps possible !

paerish band

Paerish fonctionne toujours aujourd’hui sur le modèle du Do it Yourself. Tu as reconnu à plusieurs reprises que c’était un job parfois harassant que de s’occuper de tout par les seuls moyens du groupe. Quelles sont les personnes qui vous accompagnent dans ce sens ?

Martin Dupraz : On a la chance d’être aidés par un super manager qui s’appelle Danny Celis. Il s’occupe de nous depuis maintenant plus d’un an. Même s’il bosse depuis Los Angeles, il a été d’une aide immense pour nous à tous les niveaux et on ne serait pas ici sans lui, c’est évident. Il y a aussi des promoteurs de concerts qui pensent souvent à nous pour nous faire jouer dans de bonnes conditions : c’est le cas d’Alternative Live à Paris grâce à qui on a fait de super dates. Au quotidien, on est entourés de gens bienveillants qui nous aident aussi beaucoup, que ce soit notre tour manager Nico : c’est lui, mon meilleur pote, avec qui j’étais allé à Lyon pour faire signer mon CD de Sum 41 en 2004 ! Nos différents ingénieurs du son, nos copines qui nous aident à trimballer le matos après les concerts et qui subissent nos humeurs, les potes d’école de ciné ou du taf qui nous aident à faire des jolis clips et des vidéos fun, des copains photographes, les graphistes, les groupes qui nous proposent des dates communes ou des tournées… Bref, on a la chance d’être vraiment bien entourés.

Vous avez également un partenariat en cours avec Tunecore : tu peux nous en dire plus sur cette structure ? Quel poids cette collaboration a-t-elle eu dans le développement de votre musique sur les plateformes de streaming, notamment Spotify ?

Martin Dupraz : Paerish était présent sur Tunecore depuis déjà longtemps quand ils ont lancé Tunecore France. Vu qu’on était un petit groupe français qui marchait bien sur leur plateforme, les responsables de Tunecore nous ont demandé si on était d’accord pour discuter avec eux, à l’occasion de leur lancement en France. Ils nous mettent en avant sur leur plateforme dès qu’ils peuvent et nous aident beaucoup pour notre développement. Pour Spotify c’est différent. On a été repérés dès la sortie de notre single Undone par la super équipe éditoriale de Spotify France qui nous a énormément mis en avant partout dans le monde. Puis l’équipe éditoriale de Spotify US nous a aussi mis en avant : sans eux, je pense qu’on ne serait pas ici ! En fait, c’est plutôt notre rencontre avec Spotify qui nous a rapprochés de Tunecore au final.

“Je trouve ça assez fou qu’un chanteur puisse parler de son engueulade avec quelqu’un et que ça finisse par te toucher et te faire penser à ton propre vécu ! C’est ce que j’essaie de faire en tous les cas”

 

Votre premier album Semi Finalists est un condensé de l’ensemble de vos références musicales, mais aussi cinématographiques à travers des morceaux tels que Winona Ryder ou Party’s over, Biff. Il paraît que vous vous êtes tous rencontrés dans une école de cinéma. Pourquoi avoir choisi cette voie si la musique était pour chacun d’entre vous votre principale motivation dès le départ ?

Martin Dupraz : La musique et le cinéma sont liés, ce sont mes deux grandes passions (avec le foot…). Du coup, je n’ai jamais réussi à les dissocier. À la base, la musique était un hobby et l’image une envie pro, et peut-être qu’un jour ça changera à nouveau. Mais j’aime autant les deux. La musique n’est pas ma principale motivation à la base, j’ai toujours eu envie de bosser dans l’image ou le cinéma. Même encore maintenant, si je devais vivre de la musique, je ne me vois pas arrêter l’image pour autant. Il y a d’ailleurs un paquet de groupes comme nous, de mecs qui font des clips, du ciné, du motion design ou autre, même dans les grands groupes comme avec Adam Jones de Tool qui bossait dans les effets spéciaux pour le cinéma ! Julien Louvion, notre batteur, était dans la section son de notre école de cinéma. Pour lui, c’est clair que la musique a toujours eu le dessus sur le ciné, mais il est quand même hyper cinéphile.

Dans une précédente interview, vous déclariez que Paerish accordait plus d’importance à la musicalité, « au gros son avec cette touche anglaise de noise ». Pourtant, vous précisez en parallèle que l’une des raisons qui explique votre plaisir lors de vos tournées outre-Manche, c’est le fait que le public comprenne les paroles de vos chansons. C’est principalement toi Mathias qui écrit les textes de vos morceaux. Des textes écrits voilà plus de deux ans maintenant pour Semi Finalists. Quel regard portes-tu sur ces écrits aujourd’hui et sur la place qu’ils occuperont demain dans vos futures compositions ?

Mathias Court : Certaines chansons sont vraiment des flashbacks de nos années à l’école parisienne de ciné où l’on s’est rencontrés. Elles peuvent me paraître lointaines, mais parfois en live, il ne m’en faut pas beaucoup pour me remettre complètement dedans, et ça me fait revivre beaucoup de choses pendant en quelques minutes. Les dernières chansons composées pour l’album Semi Finalists (notamment Party’s over, Biff) sont plus sombres. Les thèmes abordés sont moins adolescents. Je pense que c’est le chemin qu’on est en train de prendre pour la suite. Je passe énormément de temps sur les textes. Les paroliers anglophones qui m’inspirent (Jesse Lacey pour n’en citer qu’un) sont tous tellement bons que j’essaie autant que possible d’éviter d’écrire “Come on baby, you know you want it” et d’avoir un vrai truc à raconter.

Dans Party’s over, Biff, il est question d’un appel. A qui s’adresse-t-il ?

Mathias Court : Dans la phrase « It’s your call », le mot call est à prendre au sens « it’s your decision ». Pas de coup de fil donc, plutôt le choix de communiquer avec les membres de ma famille pendant une épreuve difficile. Cette personne doit faire le choix de parler aux autres, mais pas sûr qu’on soit tous bon pour l’écouter : « were we ever good at listening ? ». Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, sûrement parce que j’adore aussi être évasif dans mes paroles. Je trouve ça assez fou qu’un chanteur puisse parler de son engueulade avec quelqu’un et que ça finisse par te toucher et te faire penser à ton propre vécu ! C’est ce que j’essaie de faire en tous les cas.

paerish on scene

2017 : nouvelle étape tant d’un point de vue personnel que musical. La tournée avec Sum 41 y est sans doute pour quelque chose. Au-delà de vous produire avec l’un des groupes fétiches de Paerish, quels sont les prochains objectifs de votre groupe pour peut-être accéder un jour au niveau de reconnaissance de Sum 41 ?

Martin Dupraz : Continuer de tourner à fond ! On a seulement fait deux “grosses” tournées en Europe donc on a énormément de boulot avant d’arriver au niveau de ces mecs-là qui tournent 300 jours par an depuis quasiment 20 ans. On a fait « seulement » une trentaine de concerts lors de ces deux tournées : il nous donc reste un paquet de pays à découvrir, de scènes à faire, et on a déjà envie de retourner jouer dans certains pays que l’on a faits ces derniers mois ! On souhaite aussi clairement partir tourner aux États-Unis dans un futur proche, même si on commence tout juste à découvrir l’Europe. On a envie de rencontrer le public américain, de voir les villes, les routes, et toute cette culture qui nous fait de l’œil depuis tant d’années. On va également continuer à composer de nouveaux morceaux.

Martin, il paraît que tu as quitté ton job pour cette tournée : quel était-il ? Comment anticipes-tu les prochaines semaines à ne te consacrer qu’à Paerish ?

Martin Dupraz : J’étais cadreur et monteur vidéo dans un groupe de médias après avoir bossé des années pour des chaînes de télés et différentes boîtes de production. Pour être tout à fait honnête, j’y travaille encore en freelance entre les différents concerts et les tournées, histoire de pouvoir quand même payer mon loyer ! Je réalise aussi des reportages et des clips pour différents clients dès que je peux. C’est d’ailleurs pareil pour tous les autres membres de Paerish : on bosse encore tous à côté ! À l’instar d’une majorité de groupes d’ailleurs.

Merci à vous deux une fois de plus pour cet échange. On retrouve toute l’actualité de Paerish sur sa page Facebook. En attendant, on vous souhaite bien évidemment une très bonne continuation sur les scènes de France… et du monde. À très bientôt !

 


 

tunecore scott ackerman

À l’occasion de l’interview du groupe Paerish, Skriber en a profité pour échanger également avec Scott Ackermann, le PDG de Tunecore. Le crédo de Tunecore est de donner à la musique des groupes indépendants tout l’écho qu’elle mérite. La compagnie américaine existe depuis 2006 et a reversé depuis plus de 650 millions d’euros aux artistes qu’elle défend grâce à une collecte de leurs royalties dans plus de 60 pays. Elle a été rachetée il y a un peu plus de deux ans par le Français Believe Digital.

Bonjour Scott et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Tunecore a ouvert en France un département spécifique pour permettre aux artistes indépendants de le rester en les accompagnant tout en préservant leur liberté de création. Quel a été votre parcours avant de vous lancer dans l’aventure Tunecore, et quel est le sens que vous donnez à vos perspectives concernant Tunecore ?

Je viens du monde du web, des start-ups et de l’e-commerce. J’ai commencé avec le site américain Orbitz.com consacré aux voyages. J’ai poursuivi ma route avec eHarmony.com, un site dédié aux rencontres et qui est devenu très populaire. Je fais partie des équipes de Tunecore depuis plus de sept ans maintenant. J’ai eu dès le départ deux objectifs majeurs : développer le programme de fidélité et le service client d’une part, et mettre en place un process de prospection propre à Tunecore d’autre part. Je retrouve dans ma mission globale chez Tunecore ce que j’avais vécu chez eHarmony en permettant aux gens de trouver l’amour de leur vie. Tunecore aide les artistes à réussir en leur permettant de profiter de chaque opportunité qui se présente à eux. C’est incroyable de jouer un rôle dans ces success stories et de faire partie aussi de l’histoire de chaque artiste, comme ce fut le cas pour Paerish en France. Le groupe mérite son succès, et Tunecore lui a permis de l’atteindre en restant indépendant, en conservant tous leurs droits et leurs revenus.

Vous évoquez la musique et les artistes comme si vous compreniez tous leurs tenants et leurs aboutissants, au-delà de toute stratégie marketing. D’où vient ce lien si spécial que vous entretenez personnellement avec la musique ? En avez-vous vous-même fait ?

Je ne suis pas un artiste. Mais je nourris une passion profonde pour la musique. Comme dans de nombreux business, je passe une grande partie de mes journées à parler dollars. Mais chez Tunecore, cela va plus loin. On se doit de pénétrer véritablement l’univers des artistes afin de mieux les connaître et de comprendre précisément leurs besoins. En premier lieu, pour améliorer nos services et leur expérience. Cette démarche fait partie de mon ADN depuis mes débuts. Je prends donc le temps d’écouter chacun des artistes qui nous ont rejoints. Tous les jours. Et ce, afin de travailler avec eux en étant toujours plus proche d’eux. C’est vraiment gratifiant de concevoir ainsi nos collaborations.

“Avec Believe Digital et Tunecore, je crois que l’artiste bénéficie du meilleur accompagnement qui puisse exister dès ses premiers pas, et ce, durant tout son parcours”

 

En avril 2015, Denis Ladegaillerie, le PDG fondateur de Believe Digital, leader français de la distribution numérique et des services aux artistes et labels en Europe, a annoncé l’acquisition de Tunecore. Quel regard portez-vous sur celle-ci avec le recul ? A-t-elle changé votre façon de concevoir votre mission au sein de Tunecore ?

Nous avons passé beaucoup de temps à échanger avec Denis avant que cette acquisition ne soit effective. L’idée était de savoir à quoi ressemblerait notre collaboration après cette acquisition. Au final, les activités respectives de Believe Digital et de Tunecore sont restées très autonomes tout en étant désormais associées. De nombreuses comptabilités existent, bien que nous ayons à faire à deux modèles distincts. Believe Digital demeure concentré sur la prospection, la mise en place de collaborations avec des artistes émergents, les méthodes pour les faire connaître et identifier celles qui participent à leur succès. C’est une démarche en interne, humaine, assez semblable à ce qu’un label traditionnel peut offrir. Tunecore est de son côté plus tourné vers le web. Nous fournissions les outils, les services, et laissons les artistes sélectionner ceux dont ils ont besoin en les conseillant et en les accompagnant. L’acquisition de Tunecore par Believe Digital a en tous les cas permis de conférer à cette union une portée mondiale. La vocation de Tunecore est plus que jamais de favoriser une croissance internationale via une démarche localisée, en profitant des moyens de Believe Digital, notamment à Paris grâce aux locaux et aux moyens disponibles chez Believe Digital qui facilitent grandement les actions de Tunecore notamment sur le web, mais également dans nos relations avec nos clients et les artistes. Tunecore partage ainsi au quotidien les meilleures pratiques avec Believe Digital en multipliant les approches différentes : plus on peut découvrir de nouveaux procédés pour accompagner les artistes, plus c’est bénéfique pour nos deux compagnies. Par conséquent, je crois que cette acquisition fut une très bonne chose pour Believe Digital et Tunecore. Je ne trahirai pas les pensées de Denis Ladegaillerie en disant qu’il pense la même chose. Il est très fier de ce que nous avons initié chez Tunecore. Il nous aide afin d’optimiser nos activités et nos parts de marché.

Peut-on dire que Denis Ladegaillerie incarne la partie stratégique et économique de cette acquisition quand vous incarnez de votre côté son esprit ?

Nous avons lui et moi les mêmes objectifs de rentabilité et de conquête de nouveaux marchés qui se conjuguent avec la même passion pour la musique. Je suis plus concentré sur la façon de poursuivre l’acquisition de nouveaux clients et le développement des opportunités lorsque Denis est quant à lui concentré sur les méthodes permettant à l’artiste d’être plus connu et d’atteindre ses propres buts. En combinant ces deux perspectives, je crois que l’artiste bénéficie ainsi du meilleur accompagnement qui puisse exister dès ses premiers pas, et ce, durant tout son parcours.


Crédits photos : Margot Mchn (header), Gabriel R Photography Pandaceptions (Live 1), Jeff Tuche (Live 2)