wild times

La pochette de leur premier EP, The Wanderers, n’a rien de prémonitoire. Elle aiguille néanmoins l’auditeur quant à la direction prise par Wild Times dans ce premier jet combinant rock, détermination et énergie. Les intentions du quatuor parisien sont suffisamment posées pour être diffusées au plus grand nombre : coup d’œil sur leur décor où les riffs de guitare tutoient les rives d’idéaux sans fard.

Antoine, Augustin, Pascal, Théo : si les quatre membres de Wild Times ne dévoilent pas leurs noms de famille, celui de leur tout jeune groupe commence à se faire une place sur la toile, notamment via leur page officielle Facebook.

Les Parisiens semblent avoir bien plus que leurs tripes à revendre. Derrière leur projet musical Wild Times, c’est en effet une réelle inspiration qui a gagné chacun d’entre eux ainsi que leur public. Une audience à l’image d’une société actuelle parfois dépassée et cherchant tant bien que mal à extérioriser.

Ainsi, autant le faire bien, autant le faire en musique. Le premier EP de Wild Times, The Wanderers, sort justement ce vendredi. L’occasion de développer un son qui, s’il est entêtant et révélateur des tendances du moment, pourrait bien s’inscrire dans une certaine continuité si les perspectives de ses auteurs poursuivent cette attrayante ouverture artistique et esthétique.

Être dépourvu peut être

Les acolytes de Wild Times savent se retrousser les manches et sortent The Wanderers sous leur propre label, Wild Times Record. Qui plus est, ils ont de la suite dans les idées : le clip du titre album sorti début avril est juste exemplaire. Dans ce shooting studio et les méandres de ses coulisses, une douce folie règne dans les esprits qui se croisent, qui s’allument, qui se dévorent.

L’œil d’Antoine Bretillard propulse l’identité de Wild Times. L’usage précis des codes du marketing, de la com’, des arts scéniques et de la mode transfigure la vitrine du groupe. Si elle n’expose que trois titres à l’heure actuelle, les dimensions des morceaux savent remplir l’espace et l’amplifier. The Wanderers évoque ainsi une impuissance ressentie profondément par Wild Times face aux distorsions et aux incohérences du monde. Pourtant, le titre finit par personnifier un volontarisme sachant rester humble pour exister.

Inéluctable peut ne pas l’être

Ça grésille et ça palpite dans I.L.W.Y. : voyelle, consonne, pour dire que je t’aime et que j’ai sacrément envie de toi. La belle n’a qu’à bien se tenir, ses héros pourraient bel et bien lui survivre. La rencontre des sentiments se fait jour, l’impatience gagne les hormones et le regard de l’un se ferme dans celui de l’autre.

Et que faire avec ce temps qui passe et qui angoisse nos jeunes philosophes musiciens ? C’est ce qui les turlupine dans Season, une thématique ardemment symbolique pour bon nombre d’artistes pour évoquer la temporalité, l’existence et sa fin. Dans les échos de la voix d’Antoine rappelant celle d’Alexis Delekta de Brainbow, l’appel perdure au-delà du morceau et déroule le fil de Wild Times.