jeanne rognoni festival 36h st eustache

Focus aujourd’hui sur une jeune auteure, compositrice et interprète : Jeanne Rognoni. L’Ajaccienne fait partie des 26 lauréats des Inrocks Lab 2018 et concourt pour le Prix Nouvelles Scènes Music Machines. Elle se produira jeudi 21 juin au Festival 36h à Paris.

À 27 ans, Jeanne Rognoni prend un nouveau virage dans son existence. Une vie dédiée à la musique depuis toute petite, puisqu’elle entra au Conservatoire d’Ajaccio à l’âge de 5 ans pour entamer son apprentissage du violoncelle, puis du violon. Baignant dans un univers musical familial dans lequel régnaient entre autres le jazz, la musique classique et les chants corses, la demoiselle passe également beaucoup de temps à traîner dans les airs joués au piano par sa sœur.

Dix ans plus tard, l’adolescence frappe à la porte avec son lot de postures rebelles. Jeanne se cherche, et se (re)trouve avec sa première guitare dans les mains. Électrique, of course, à l’image de ses intentions et de ses grandes références musicales qui ne la quitteront plus. Gainsbourg, the Velvet Underground, Bashung : la demoiselle devient femme moderne et travaille son style. Une douce candeur qui ne manque pas de piquant, et des textes dénudés parlant d’amour et d’enfance.

Paris, tout ce que tu veux

2010 : après un cursus en arts du spectacle à Corte, Jeanne Rognoni rallie la capitale métropolitaine et débute une nouvelle école de musique. Elle compose, elle écrit : elle cherche désormais sa voix, sa technique, et au-delà d’elle. Dès lors, elle fait plusieurs aller-retours entre Paris et son île, notamment pour ses premiers concerts.

En parallèle, elle se forme à la médiation culturelle puis intègre une agence parisienne de booking. Mais la musique semble définitivement faite pour elle. Repérée par l’association Le Rézo, Jeanne est sélectionnée pour le Prix Nouvelles Scènes Music Machines des Inrocks Lab 2018, ayant distingué par le passé des artistes tels qu’Eddy de Pretto et Juliette Armanet.

Étincelles émergentes

Des souvenirs qui voyagent aux roses qui éclosent, les compositions de Jeanne Rognoni ne cèdent aucune place à l’artifice. La démarche de l’artiste s’apparente à un strip-tease intégral d’émotions tantôt intériorisées, tantôt jetées au visage sans fausse pudeur. Une élégante révérence, et des mains qui s’ouvrent sur Mon bijou, ou plutôt le sien. Sur ces bouches touchées qui n’avaient pas le même goût. Sur ces syllabes claquées, instrumentalisées, défiées.

Si elle expose son profond respect pour celles et ceux écrivant et chantant en anglais, Jeanne Rognoni a fait de la langue française sa sœur de cœur, d’armes et d’aventures. Elle revêt des poésies modernes, qui semblent laisser entrevoir l’exploration prochaine d’autres thèmes plus engagés. Jeanne se produira ce jeudi 21 juin à l’église St-Eustache à l’occasion de la 13ème édition du Festival 36h à Paris. Que les mots vous manquent pour qu’elle vous prête les siens.

 


Crédits photos : Jerry Cane