carré court

À l’occasion de la réédition de son premier EP N°1 ce vendredi, focus sur le duo limougeaud Carré-Court formé en 2014 lors de la fête de la musique. Julie Crouzillac et Émilien Gremeaux se connaissaient depuis déjà quelques années. Leurs retrouvailles furent le point de départ d’une exploration nouvelle des sonorités des années 60. Ils la qualifient à leur manière à travers quatre titres qui rendent tout autant hommage à leurs influences qu’ils offrent une perspective contemporaine rafraîchissante de la musique soul.

Savez-vous ce qui distingue la porcelaine véritable de celle produite à bas coût en Chine ? Outre le prix, les détails des motifs et l’absence ou pas de coulures sur les bords, c’est le son émis par cette dernière. Dans les fabriques traditionnelles françaises de porcelaine subsistant encore aujourd’hui, notamment à Limoges, les tests de résonance sur la porcelaine sont une étape à part entière dans le processus de production. Ils occupent des ouvriers qualifiés à temps plein.

L’entrée en matière peut paraître osée. Pourtant, elle colle précisément au cas du duo Carré-Court, dont le premier EP réédité N°1 sortira ce vendredi.

Car si Julie et Émilien aiment faire de la musique. S’ils affectionnent tout particulièrement celle des années 60 en citant Sam Cooke et son œuvre, leur complicité artistique née sur les bancs de leur collège a engendré un groupe sachant se réapproprier les codes de ces temps-là. Elle fait résonner aujourd’hui N°1 à la manière d’une porcelaine artisanale.

Blanc c’est noir

Sous la frange d’un Carré-Court observé sur la pochette d’un album de Nouvelle Vague et qui donna finalement son nom à leur union musicale, Julie et Émilien empruntent la voie d’une jolie réinvention par la voix de Julie rappelant celles de Duffy et d’Amy Winehouse, par ses textes et par les compositions d’Émilien sachant swinguer, toucher, puis à la danse à nouveau, inviter.

Au laisser-aller fantasque, juste et pétillant de When Somebody Says répondent les vibrations du titre I Don’t Care : celles d’histoires d’amour accueillant sur N°1 une obscurité teintée de rage et de dignité. Retour sur la piste avec Baby you don’t mind en troisième plage : Carré-Court redessine les contours d’une spontanéité menant à un repos mérité dans les bras du dernier titre I said. Dans les bras de celle ou de celui qui sait devenir refuge. Le temps d’une évasion. D’une chanson.

Il y a toujours un espoir

Si Carré-Court atteint le cœur de son public francophone avec des textes en anglais, le groupe n’exclut pas de se lancer dans l’écriture de chansons françaises. À ce sujet, Julie confiait récemment vouloir « faire les choses comme il faut ». On est en droit de penser que ces prochaines productions sauront s’inscrire dans une continuité à la hauteur des exigences imposées par les références françaises du groupe, à l’instar de Barbara ou d’Alain Bashung.

En attendant, un premier album est déjà en cours de préparation de l’aveu de Julie et Émilien. Dans ce sens, Carré-Court est aux portes d’un long-métrage dans lequel la musique, si elle est effectivement un éternel recommencement, pourrait devenir entre les mains du groupe un tendre épanouissement.

 



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