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Antoine Brun et Ronan Mézières sont les composantes fondamentales du duo Edgär qui sortira vendredi son premier EP. Si son nom, Persona, désigne en marketing un personnage imaginaire représentant un groupe ou un segment cible pour le développement d’un nouveau produit, il matérialise en l’occurrence une volonté de fondre dans la masse abstraite d’un unique esprit ceux des deux artistes amiénois. Pour une voie aux issues multiples qu’ils empruntent désormais au même rythme.

Ne cherchez pas leurs noms sur la page Facebook de leur duo : Antoine Brun et Ronan Mézières sont à présent Edgär, le protagoniste majeur de leur pièce en cinq actes qu’ils développent à travers un premier EP sobrement intitulé Persona.

L’univers de ces deux jeunes gens a eu le temps de grandir à travers leurs deux précédents projets musicaux respectifs : Sweet Haze pour Antoine, Elegant Fall pour Ronan, comprenez « La Douce Brume » et « La Chute Élégante ». Pourtant, il en est encore question dans leur symbiose créative. Edgär se dandine tout en conservant une humilité sereine. Il a ce zeste de frivolité qui confère à son charisme une étonnante accessibilité.

De Different Sights à Two Trees

Lancé en 2015, le duo Edgär est à prendre simplement pour ce qu’il est : une ravissante collusion de la pop et de l’électro au service de mélodies qui pénètrent notre quotidien sans s’en vanter. Et il s’agit là du meilleur moyen pour se faire une place de choix pérenne dans n’importe quelle discothèque privée.

L’évolution du binôme et de ses attentes amorce une ascension qui intrigue, à l’instar du premier single de l’EP sorti en septembre 2016, Two trees. N’ayez peur de rien comme vous y invite Edgär sur les échos des voix des gamins que ses parents furent encore hier, ponctués par les sonorités mécaniques portant leurs louanges.

Quand le peintre devient chasseur

L’aventure du pinceau devient une course dans The Paintor. Les couleurs sont celles des larmes et fusionnent avec un ciel soyeux, transformé pour l’occasion en piste d’atterrissage pour les sentiments de The Hunter.

Vous reprendrez bien une tasse de thé ? Teacup renoue avec un son acoustique d’entrée de jeu pour laisser s’insinuer les intonations ambrées de la bonne pop anglaise sous son meilleur jour. Histoire de recréer cet équilibre qui ne fut jamais perdu, quoiqu’on en dise. Histoire de donner à Edgär, se présentant lui-même comme un oiseau de nuit, l’envergure nécessaire pour un voyage sans escale au gré des vents.