Julien Bouchard

Il était aux Inouïs du Printemps de Bourges vendredi pour présenter son premier album intitulé Songs from La Chambre, qui sort officiellement en France le 28 avril : Julien Bouchard trace sa route et étonne. Le jeune auteur, compositeur et interprète originaire d’Épinal y développe une empreinte douce et vaporeuse mêlant textes en français et en anglais, ainsi qu’une jolie signature vocale rappelant celle de Will South, le lead vocal du groupe britannique Thirteen Senses.

La pochette de son premier album Songs from La Chambre annonce la couleur : dessinée par l’artiste japonais Emi Uda, elle « colle à la perfection à ce qu’il y a dans le disque » selon les termes de Julien Bouchard, à l’origine de la création d’une « jungle qui représenterait le foutoir qu’il pouvait y avoir dans mon appartement et le côté naturel de ce qu’il en ressort ».

Une jungle. Une allégorie. Une immersion dans le monde d’un artiste mû par le désir de tendre vers cette introspection capable de parler au plus grand nombre. Une allégeance au temps qui passe et qui, loin d’être vécu comme une urgence, devient l’allié de Julien Bouchard dans son studio d’enregistrement improvisé dans son appartement.

Il lui aura fallu une année pour écrire, enregistrer, perfectionner et sélectionner les onze plages de ce « debut opus ». Onze Songs from La Chambre donc, qui s’achèvent justement sur cette invitation à Prendre le temps après un périple folk parfois rock, parfois électro, toujours étrange, pour toujours plus de surprises et de fantasmes grâce auxquels les Blind Kids at the stadium recouvrent leur sens sous les gradins alors que les spectateurs tapent des pieds.

100 regrets pour 100 frissons

Le premier morceau de Songs from La Chambre pose les fondations d’un album profondément ressenti. 100 regrets fut pourtant l’une des dernières chansons écrites et enregistrées par Julien Bouchard. Au final, elle l’invita à ajouter d’autres textes en français à l’instar de Si loin de toi. Une façon pour le Vosgien de partager son lâcher-prise.

Une sensibilité également qui semble n’avoir aucune limite. Julien Bouchard fait partie de ces gens surpris des bonnes choses lorsqu’elles arrivent dans leur vie. Disons alors que beaucoup d’autres restent à venir pour qu’il s’en étonne d’autant plus : car les bonnes choses, c’est bien connu, arrivent naturellement à ceux sachant les imaginer sans les attendre.

Couleur d’une fable personnelle

Les bonnes choses ne sont donc pas des récompenses objectivées, calculées. Elles sont les conséquences d’un don désintéressé, d’une volonté à dire ce qui se passe à l’intérieur sans grimer. On perçoit ainsi la nouvelle liberté de Julien Bouchard dans cette distance qu’il prit avec son parcours aux côtés de ses précédents groupes, The Silent Days et Coco Business Plan.

On devine aussi cette Colour of sound qu’il voulut insuffler à ses nouvelles compositions, axant ses expérimentations toutes assumées sur une réelle générosité. Que les sons traduisent la torture spirituelle dans Fear ou qu’ils résument une nostalgie dans Hungry Men, ils sont autant de rênes que Julien Bouchard reprit pour s’éprendre d’eux.

Les ruptures et les souvenirs qui s’estompent se changent progressivement en Always dans les tintements d’une candeur désormais identifiée, sue, manipulée. Nul doute que Julien Bouchard saura poursuivre cet élan alliant réinvention et hommage touchant à la chanson, notamment française. Il semble d’ailleurs que sa langue maternelle sera au cœur de son prochain disque, de son propre aveu.

 


Crédits photos : Jean Elliot Senior

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