lea porcelain

Depuis un peu plus d’un an, Julien Bracht et Markus Nikolaus forment le duo Lea Porcelain. Ils sortent aujourd’hui leur premier album, Hymns to the Night, reprenant presque tous les singles déjà parus depuis Similar Familiar et offrant également des titres inédits. Lea Porcelain sait viser juste. L’univers du groupe est un hommage vibrant au krautrock allemand et à la synth-pop britannique.

« Nous sommes attirés par la dystopie et les modèles apocalyptiques, mais nous exprimons aussi les besoins primaires de l’être. Les choses simples comptent plus que le reste, et il semble qu’elles soient les plus difficiles à définir. Notre écriture et nos compositions sont par conséquent axées sur l’intuition, en grande partie ».

Julien Bracht et Markus Nikolaus ne sont pas vieux. Pourtant, leur vision du monde angoissée n’est en rien morose. Partageant la moindre seconde de leur vie depuis leur rencontre en 2012, c’est l’année dernière seulement qu’ils décident de se lancer dans une aventure musicale commune qui saurait servir leur idéal d’absolu.

Ainsi naît Lea Porcelain, un projet artistique ambitieux empruntant tout ce que la scène londonienne et la liberté berlinoise ont à offrir pour l’inspirer. Le duo aime se rendre dans ces deux capitales et y vivre l’espace de quelques semaines, de quelques mois. Quand il n’est pas à Francfort, ville où il a élu domicile. Quand il n’est pas non plus en Andalousie, son lieu de prédilection pour le fahrenheit déjà bien connu de Julien qui y vécut durant son enfance.

De Kasabian à Depeche Mode en passant par U2 et Can, les influences de Lea Porcelain en dissimulent un certain nombre d’autres. Hymns to the Night, le premier opus du duo qui sort aujourd’hui, donne à chacun matière à y songer alors que la voix de Markus et les synthés de Julien encouragent l’espoir et la réminiscence des souvenirs de jeunesse.

Tout est à l’intérieur

Out is in est le tout premier morceau conçu et réalisé par Julien Bracht et Markus Nikolaus. Normal qu’on le retrouve en première plage sur Hymns to the Night. Néanmoins, les confidences de Lea Porcelain quant aux origines de sa création révèlent bien plus que la seule symbolique du titre.

Car outre son écoute frénétique de la discographie de Moon Duo à ce moment-là, c’est une approche artistique débarrassée des codes que Lea Porcelain avait voulu retranscrire, notamment dans le choix de ses rythmiques à la batterie et à la basse.

Résultat : cette première production devient un révélateur de l’esprit et des projections de Lea Porcelain. Un esprit refusant toute transgression de sa liberté. Des projections menant l’auditeur à ses états d’âme les plus inavoués.

En faire la profondeur de son extérieur

Ainsi, la présence de la musique de Lea Porcelain tout comme celle de sa touche imposent une évidence qu’il serait insultant de qualifier tout haut. Remember devient un emblème : celui d’une mélancolie qui, en fait, n’en est pas une. Le passé est considéré comme le chemin parcouru et non comme une succession de regrets. De quoi élargir les horizons, notamment dans A Year form Here, Bones, ainsi que dans Warsaw Street.

Et quand ces mêmes horizons ne suffisent plus à étancher sa soif d’espaces sans fin, Lea Porcelain les invoque en extrapolant ses chœurs à l’instar du titre A Faraway Land. Il y a de quoi perdre la vie telle que tout un chacun semble la ressentir.

Loose life s’immisce de cette manière dans les catacombes de notre mémoire. Celle immédiate, celle de l’émotion, celle aussi des premiers jours de chacun. À un diapason toujours plus éveillé qui lui permettrait de ne plus se sou-mettre au diapason de la société régie par cette emprise invisible luttant trop souvent contre ses fondamentaux et ses idéaux.

 



Crédits photos : Micki Rosi Richter (header)
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