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Il y a un air de ressemblance avec Olivia Merilahti dans la voix de Laetitia Fournier, aka Raymonde Howard. Retrouvez dès vendredi son troisième album intitulé S.W.E.A.T, conçu et réalisé comme une série de petits bonds garage rock très rentrés diffusant à chaque fois en moins de trois minutes les effusions intérieures de leur auteure. Alors, restez attentifs et soyez punk-tuels.

Voilà bien une artiste qui a manqué l’occasion de se plier aux codes. D’ailleurs, elle l’assume et le vit très bien. Et tant mieux pour l’auditeur. Raymonde Howard est le double scénique de la Stéphanoise Laetitia Fournier. On parle d’elle depuis quelques années déjà. Bien avant même le lancement de sa carrière solo en 2006 avec la sortie de son premier album éponyme.

Raymonde Howard, c’est « le côté franchouillard de Raymonde mêlé à l’aspect angliciste de Howard » expliquait la principale intéressée il y a quelques années. C’est donc l’histoire d’une française qui, après avoir pris part à plusieurs groupes de sa ville (Goofball, Kiss Kiss Martine, La Seconda Volta), décide de s’expatrier à Reading en Angleterre pour prendre de la distance under the rain.

Raymonde Howard se livre peu. On sait qu’en 2010, elle avait un boulot conventionnel à côté de sa passion pour le punk et le noise rock, sans connaître la nature de ses activités extra-professionnelles. Et oui, Raymonde Howard est faite pour la musique et pour en vivre. Mais elle est trop « heureuse d’avoir un boulot et de ne pas avoir à faire de la musique pour vivre ».

Du coup, ses compositions gagnent en liberté sur tous les plans. Aucun calcul dans les intentions musicales de Raymonde Howard : on le croit d’autant plus à l’écoute de son dernier album S.W.E.A.T, à paraître ce vendredi sous le label We Are Unique Records, comme ce fut déjà le cas pour son second opus sorti il y a sept ans, For All the bruises, black eyes and peas.

Sortir le démon, mais lequel ?

Release the Evil nous accueille en première plage sous les auspices d’une Raymonde Howard semblant marquer de son impatience les aléas de boucles temporelles devenues incontrôlables. La rengaine se fait sa place et nous fait taper du pied. C’est entraînant et convainquant. Voire même motivant.

Hommage ou pas à sa première petite maison de disque du même nom, le titre Angry Ballerina n’échappe pas à cette logique pénétrante du loop made by Raymonde Howard. L’idée est clairement de percuter pour faire bouger les lignes. Et si l’on considère la durée du morceau, autant dire que la mayonnaise se doit de prendre dans les perspectives de chacun le plus efficacement possible. Pari réussi.

Miettes d’un éveil électrisé

Raymonde Howard is clever. Comprenez ici cette brillance dans la faculté de Laetitia Fournier à résumer en quelques mots le ressenti d’une génération au-delà de celui d’un genre musical énervé, comme c’est le cas dans Crumbs of the Awakening ainsi que dans Terrortits, chanson dans laquelle la guitare électrique partage le devant de la scène avec le violon de Jean-Christophe Lacroix.

« Quoi que tu croies, si mon corps est une arme, tu peux m’appeler terrortits » : Raymonde Howard décrit les choses simplement et les qualifie pour ce qu’elles sont. Dans sa réappropriation du punk, construite et affinée depuis ses débuts, Raymonde Howard n’omet pas d’y inclure le rôle de révélateur associé au genre, allant bien au-delà de la seule revendication.

Et si les révélations de Raymonde Howard savent elles-aussi rimer avec provocations, c’est pour mieux se frayer un chemin à travers les sentiers de notre raison tout comme le ferait une langue jusqu’aux lèvres mouillées de celles et ceux ayant oublié jusqu’à son nom. Chassez la Punktuality : elle revient au galop. N’est-ce pas bien connu ?

 


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