SAGE

Ambroise Willaume, alias SAGE, a sorti il y a une semaine son tout premier EP intitulé In Between, l’occasion pour lui d’apposer une clause pop-électro pianistique inattendue à l’univers alternatif made in France.

SAGE comme une image ? La perche était bien trop évidente pour être tendue. Ne serait-ce que suggérée. Pourtant, la lucidité prêtée plus volontiers aux anciens transpire des quatre premiers titres d’Ambroise Willaume sortis lundi dernier.

Ses doigts font une bien jolie promenade sur le clavier de ce piano qu’il semble connaître par cœur. Et c’est une voix haut-perchée fragile et picorant déjà notre âme qui accueille nos oreilles sur le titre In Between, pour les transporter progressivement dans les vapeurs d’une pulsation devenant progressivement un grondement du ciel. En lévitation sur les mains jointes de SAGE survolant la prairie de nos sentiments, nous finissons par redescendre tout en douceur sur le plancher des vaches, en exécutant en prime une pirouette de style avant de nous remettre en route.

Les pulsations reprennent dès l’intro de Last Call Couples. La voix de SAGE est désormais bien plus proche. Dans un chuchotement répondant aux sonorités électro diffusées avec une parfaite parcimonie, on décèle une volonté de nous confier un secret, finalement dévoilé et affirmé à travers son envolée vocale et instrumentale mystifiant la portée de son message. On reconnaît ainsi aisément la touche de l’artiste, inspirée de ses précédentes collaborations actives au sein du groupe Revolver, et surtout, du projet musical de Woodkid.

La pluie d’été joyeuse et rafraîchissante de Summer Rain tombe à petites gouttes sur notre front. La voix des hautes sphères de SAGE accompagne sa chute jusqu’à son contact avec notre peau. Le déluge arrive, et c’est avec encore plus de plaisir que nous dansons sous ces trombes d’eau, pour assister, médusés, à l’apparition d’un arc-en-ciel inespéré, apaisant les dernières tensions internes qui auraient pu subsister.

Le piano cède sa place au clavier sur le dernier morceau To the River. Il lui confère un aspect rétro issu tout droit des années 70 en révélant les influences planantes de SAGE, qu’on pourrait parfois croire assis à côté de Roger Hodgson de Supertramp.

Ce titre signature clôt l’espace-temps ainsi créé durant quinze petites minutes. Un quart d’heure initiant une boucle vertueuse de virtuosité et de simplicité, et laissant en suspension bien des espoirs et des rêves ne demandant qu’à être SAGE-ment réalisés…



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