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Le groupe italien Soviet Soviet revient vendredi avec un troisième album intitulé Endless. Son histoire paraît en effet sans fin, et c’est pour mieux nous le prouver que le trio scande à l’infini la beauté de ses sonorités punk-rock résonnant dans les hangars de nos émois passés. Dans la continuité des musiques de ses pairs ayant marqué plusieurs générations, Soviet Soviet se fait le réceptacle et l’écho de leur énergie et de leur poésie.

À 150 kilomètres au sud-est de Bologne, la petite bourgade italienne de Pesaro couvait à l’abri des regards indiscrets ses œufs renfermant une petite réinvention. Il y a quelques années, les coquilles se sont brisées, laissant apparaître les têtes fripées de poussins bien décidés à faire leur place dans la musique de ce nouveau siècle.

Ainsi, à l’instar de Be forest avec son premier album Cold et Brothers in law avec son premier album éponyme, un autre groupe italien, Soviet Soviet, sortit en 2011 son premier EP Summer, Jesus. La prononciation anglaise était encore approximative, certes, mais Andrea Giometti et ses deux Alessandro (Costantini et Ferri) faisaient déjà rimer leur rock énervé avec des alexandrins bousculés tout autant que leur public.

Le premier album de Soviet Soviet, Nice, confirmera d’ailleurs sa trajectoire résolument tournée vers une exploration inédite et toute personnelle des grésillements de guitares à la merci des revers psychédéliques de leurs maîtres.

Le destin des âges

Fate en 2013 marque un véritable tournant pour Soviet Soviet : on ressent sur ce second opus l’expérience acquise sur les scènes européennes et nord-américaines. On comprend que les enfants sont devenus des hommes. On cerne surtout la professionnalisation de leur jeu et l’affirmation de leur univers.

Le titre Ecstasy devient un hymne replongeant les plus nostalgiques d’entre nous dans les méandres psychologiques de Kurt Cobain. On peut aussi penser à l’intro de Come out and play signé The Offspring. Bref, des références qui savent heurter et qui savent aussi démolir, Placebo restant pour Andrea Giometti celle qui transcende l’influence pure et simple.

From Endless beauty to The bitter end

Et vice-versa. Si Soviet Soviet ne s’est pas foulé pour la pochette de son troisième album Endless, le groupe a su en revanche calquer sa démarche de conquête sur celle de Placebo. Non pas pour copier/coller cette dernière, mais bel et bien pour lui conférer de nouvelles couleurs, une autre vision, un élan fait de puissance et de tendresse.

La voix d’Andrea Giometti confirme sa filiation avec celle de Brian Molko, et les guitares suivent cette logique en apportant à ses réverbérations une profondeur underground. Alors, le second single déjà disponible devient par son titre, Pantomime, la révérence gracieuse de Soviet Soviet, son allégeance à un monde qui continuera à l’inspirer, à le guider vers ces confins qu’il sera finalement le seul à pouvoir dématérialiser après avoir repris les rênes.

 



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