the ramona flowers

Part time spies : c’est le titre du second album de The Ramona Flowers. Deux ans : c’est le temps qu’il a fallu au groupe pour penser, composer et réaliser ce nouvel opus. Une petite surprise : sans aucun doute. Décidemment, Steve Bird et ses acolytes ont le chic pour être là où on ne les attend pas. Et ce, peu importe les retours de l’auditeur. Car s’il y a bien une chose que les membres de The Ramona Flowers ne font pas à mi-temps, c’est l’espionnage émotionnel dans les caves de nos petites mélancolies.

Ils viennent de Bristol en Angleterre : ça, c’est fait. Pour le reste du parcours du quintette, il faudra repasser. Après tout, c’est suffisamment rare pour être souligné. Néanmoins, ses références musicales parlent pour lui, et c’est sous l’influence de Portishead et de Massive Attack que les petits anglais eurent leur premier orgasme auditif.

The Ramona Flowers navigue dans un monde en symbiose complète avec les bouleversements invisibles, et pourtant si perceptibles, que notre époque est en train de vivre et de nous faire vivre. Le choix du nom du groupe en est une preuve formelle puisqu’il emprunte le nom d’une héroïne de bande dessinée écrite par un certain Bryan Lee O’Malley et intitulée Scott Pilgrimm, l’histoire d’un chômeur canadien jouant de sa basse dans un garage avec son groupe et tombant éperdument amoureux d’une livreuse américaine prénommée Ramona, dont il devra éliminer les anciens amours pour pouvoir expérimenter le sien…

Apparences trompeuses

Surtout, ne vous y trompez pas : The Ramona Flowers n’est pas une blague ni un courant d’air. Bien au contraire. D’une part, le premier album du groupe Dismantle and Rebuild sorti en 2014 pose les fondations de jeunes musiciens ambitieux dotés d’un talent réel qu’ils partagent avec simplicité et une profonde désinvolture. Écrire et composer des morceaux tels que Lust and lies ou So many colors constituent des actes tout à fait normaux. Et le fait que Steve Bird emprunte la voix de George Michael ou celle de Thom Yorke pour libérer ses cordes et laisser s’exprimer la sienne semble être pour lui une évidence.

D’autre part, The Ramona Flowers sait user de ses rêves pour réinventer l’histoire et écrire les rimes de sa postérité. Figurez-vous que le clip de son titre Tokyo paru lui aussi en 2014 prend appui sur les songes du guitariste Sam James à la suite du visionnage du film réalisé par Rob Marshall en 2005 : Mémoires d’une geisha.  Le clip en question obtint dix-sept nominations et pas moins de cinq prix.

Bouleversements invisibles

Enfin, The Ramona Flowers a su confirmer sa trajectoire, ses choix, son plaisir. Vous pourrez vous en rendre compte par vous-mêmes dès vendredi avec la sortie de son second album Part time spies, très loin du cliché dressé telle une figure imposée par certains commentateurs lors de la sortie en mai du premier single Dirty World.

Il suffit pour s’en rendre compte d’écouter la troisième plage intitulée Start to rust.

Pour comprendre et saisir pleinement l’ampleur des bouleversements invisibles que j’évoquais et dont The Ramona Flowers est devenu l’un des principaux instigateurs.

 



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