INTO THE WILD

Écrit et réalisé par Sean Penn en 2007, Into the wild est le récit des aventures de Christopher McCandless, un étudiant américain fraîchement diplômé décidant de tout quitter pour partir à la conquête de sa liberté et du bonheur. L’histoire est vraie et le dénouement dramatique. L’émotion y cède sa place à une introspection durable du spectateur.

Christopher McCandless (Emile Hirsch) vient de recevoir son précieux sésame sanctionnant ses quatre années d’études universitaires. Son père (William Hurt), sa mère (Marcia Gay Garden), sa sœur (Jena Malone) et lui se retrouvent dans un restaurant pour un déjeuner de fête. Il est l’occasion de faire le point sur la poursuite de ses études à Harvard. Ses parents souhaitent également récompenser son travail en lui offrant une nouvelle voiture.

Ce cadeau met le feu aux poudres et initie le destin de Christopher, concrétisant dès le lendemain son projet de voyage à destination de l’Alaska. Un projet pensé dans le secret depuis un certain temps qui nécessite que Christopher se sépare de tout le confort matériel ainsi que de ses moyens financiers pour se réaliser. Un projet qui sous-entend aussi de tirer un trait sur ses liens affectifs et familiaux et de ne laisser aucune trace derrière lui.

Christopher McCandless devient alors Alexander Supertramp « le vagabond ».

Nouveau prophète

Nommé en 2009 pour le César du meilleur film étranger, Into the wild dresse le portrait d’une société malade enfermant ses acteurs dans une considération édulcorée de leur existence par l’aliénation de leur liberté de penser et de leur capacité à réfléchir par eux-mêmes. Sean Penn y démontre le brio et la justesse de son regard sans tomber dans le piège d’une moralité à l’emporte-pièce qui aurait sans aucun doute tué son message dans l’œuf.

Un message porté par un « prophète » d’un nouveau genre, un héros des temps modernes à l’image de Monsieur Tout-le-monde, sans auréole au-dessus de sa tête, mu néanmoins par une connaissance profonde et sans concession de l’âme humaine ainsi que par une volonté de briser le plafond de verre modelé par le système pour laisser libre cours à son imaginaire et se réaliser complètement.

Homme nouveau

Porté par une bande originale primée aux Golden Globes en 2008 pour la chanson d’Eddie Vedder, les mots des paroles tout comme ceux de la narration résonnent avec ce qui dépasse le spectateur depuis toujours. Ainsi, au-delà de la découverte du vécu tragique de Christopher McCandless, Into the wild esquisse les traits de ceux qu’ils rencontrent sur sa route, à genoux face à l’immensité. Il confronte le spectateur à l’évidence : la perte de ce qui fit un jour de lui un être humain, l’insignifiance des formats qu’il érigea pour inventer la réalité plutôt que de la vivre.

« Admettre que la vie humaine soit gouvernée par la raison, c’est détruire toute possibilité de vie » : l’analyse, l’engagement et la foi de Christopher McCandless auront sans aucun doute contribué à réveiller certaines âmes endormies sur les lauriers d’une bataille qu’elles n’avaient même pas menée.

Un réveil au cœur de la nature. La nature humaine.