INSAISISSABLES 2

Trois ans après un premier épisode ayant marqué les esprits par un scénario original et un dénouement à la hauteur de sa magie, le second volet d’Insaisissables sorti cette semaine offre une perspective tournée avant tout vers l’action. On n’en attendait pas moins de son réalisateur John Chu s’illustrant depuis ses débuts dans un genre qu’il tente, à sa manière, de nuancer.

Depuis plusieurs mois, les cavaliers se morfondent en attendant de passer une nouvelle fois sur la scène du monde. Après avoir dépouillé le magnat des assurances Arthur Tressler (Michael Cane) à la suite d’une première série de numéros magiques d’envergure, Daniel Atlas (Jesse Eisenberg) va jusqu’à se plaindre de cette période de vache maigre à l’œil lui-même. En vain.

Toujours à la tête de la fine équipe de prestidigitateurs, Dylan Rhodes (Mark Ruffalo) poursuit son double-jeu avec son employeur, le FBI. Souhaitant prouver toute sa bonne foi, il dévoile certaines des pratiques de ses protégés de l’ombre et organise en parallèle un nouveau grand coup avec l’objectif de révéler les méfaits dissimulés d’une carte à puce sur le point d’être lancée sur le marché des smartphones.

Tapi dans sa cellule ultra-confort depuis que Dylan l’a pris au piège, Thaddeus Bradley (Morgan Freeman) fait planer à distance une menace encore plus forte que précédemment. Il est plus que jamais décidé à exposer la véritable identité de son ennemi juré. À moins que…

Le fond dépasse la forme

Succédant au réalisateur français Louis Leterrier, John Chu s’accapare l’univers de la série pour y diffuser sa touche. Une empreinte parfois mal dégrossie dans certaines séquences ainsi que dans le tempérament des personnages, plus théâtraux et charismatiques dans la version signée Leterrier.

Le scénario en revanche est intéressant. Les retournements de situation de cette suite sont bien menés, dans l’esprit du long-métrage et dans le respect de l’équilibre à maintenir entre la gravité et l’humour des répliques. Pour preuve, le raisonnement que le spectateur met en place dès les premières minutes du film correspond à l’ADN du titre bâti dans son premier volet. L’histoire se vit donc avec plaisir, même si on perd un peu de l’effet de surprise.

Toujours magique

Henley (Isla Fisher) est l’unique des quatre cavaliers à avoir déserté l’arène par impatience. C’est en tous les cas le motif prévu au scénario pour expliquer son absence. Elle est remplacée par Lizzy Caplan incarnant Lula, sachant user de ses atouts de manche pour tromper cette dernière. Ce qui n’est pas forcément le cas pour Daniel Radcliffe (Harry Potter), manquant une fois de plus de témérité dans son interprétation parfois mièvre du méchant.

En résumé, sachez vous laisser surprendre. De toute manière, vous n’aurez pas le choix. Car si la magie peut étinceler et faire rêver, elle est aussi une stratégie, un détournement, et une maîtrise de l’inversion. Tout comme le fou, voilà bien ce qui la rend insaisissable.