a call at nausicaa

Fraîcheur de vivre et sensations sonores minimalistes enivrantes : voici la trame du tout premier EP du groupe A Call at Nausicaa. Il s’intitule My Home A Forest et il est sorti lundi dernier.

Les traits de deux visages se dessinent sur la pochette de ce tout premier opus. Sans doute ceux de Marjorie Dumerc et d’Elisa Dignac. Ainsi sont-ils dissimulés derrière une flore picturale parsemée de lièvres aux oreilles dressées. La finesse de leurs comparses Jean Grillet, Hugo Raducanu et Edouard Lillet les emplit. Quoiqu’il en soit, ce tableau naturel réalisé à main levée fait écho à un élan surprenant. Celui porté à travers leur projet musical A Call at Nausicaa.

Cet étonnement s’exprime avant tout dans l’évidence. L’une de celles qui nous étreint dès les premières notes. Ainsi, les compositions sont susurrées, fredonnées puis clamées haut et fort. Elles sont le fruit de l’acquisition de la technique musicale au Conservatoire de Bordeaux. Partitions invisibles et lignes à l’anglaise s’entrelacent sans crainte d’être revues et corrigées. Au cas où la genèse de leur monde commun ne puisse se former. Les mélodies de groupe ont ce rien d’emballant qui détonne, dans un paysage musical parfois saturé de ces complexités lénifiantes.

A Call at Nausicaa : la recette ?

Un tempo, qui nous fait taper du pied et hocher la tête en rythme. Une mesure, dans les voix et les intentions plus que n’importe où ailleurs. Des sourires, sur leurs visages et les nôtres. Ils suggèrent un voyage à travers le temps dans les souvenirs de ce jour durant lequel nous attendîmes sous le soleil notre tendre et vieil ami. À l’instar d’Ulysse, si le brainstorming du groupe fit accoster à l’époque ses moussaillons près de la plage sur laquelle Nausicaa était échouée, ce fut pour reprendre le large sans tarder vers ces contrées inexplorées où les influences ne peuvent, qu’en silence, subsister.

Ainsi, on veut bien accorder à Devotchka sa petite emprise symphonique sur la créativité du groupe. Autant qu’il inspira les pas de Little Miss Sunshine sur les notes de son morceau The Winner is. On peut aussi reconnaître la nonchalance vocale maîtrisée d’Adam Green et de Kimya Dawson du groupe new-yorkais the Moldy Peaches répondant à l’organe de Jean Grillet et ses chœurs. Pourtant, ces constats ne pourront en aucun cas surpasser cette belle identité en train de naître. Les courants océaniques de l’Atlantique sur lesquels cinq cœurs impétueux voguent au gré des scènes régionales la bercent. Ils brisent les vagues sur un voilier à destination de leur Ithaque, l’île d’un succès et d’une reconnaissance. Une île qui deviendra bientôt leur asile artistique permanent.



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