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Avec The False Foundation, le groupe Archive signe son dixième album studio. Un opus attendu au tournant depuis la sortie de Restriction qui avait marqué les esprits par ses joutes instrumentales hors norme. Un pari réussi si l’on prend le temps d’incruster nos interprétations et nos élucubrations dans la douce folie de Darius Keeler et de Danny Griffiths.

La phase contemplative est terminée depuis longtemps pour Archive. Il s’agit désormais d’encourager l’observation, l’analyse, l’action. À sa manière bien évidemment, et cela se traduit une fois de plus par des partitions alliant l’électro progressif à une démarche de création instaurant une continuité sans faille avec son précédent album Restriction paru début 2015.

The False Foundation est un regard ciselant les travers du monde dans la plus pure tradition inaugurée par Archive voilà plus de vingt ans. Le résultat à l’écoute est parfois complexe à cerner, mais il conserve une trame métaphorique incandescente faisant naître dans l’esprit de chacun cette perspicacité inédite couverte habituellement de l’ignorance quotidienne et volontaire des réalités.

Où es-tu ?

Retour donc au vrai fondement d’un équilibre qui mériterait qu’on s’y attarde un peu plus souvent. The False Foundation décrit la foi de tous en un monde plus juste, plus raisonnable, et qui n’éluderait pas pour autant l’émotion humaine. Il provoque et heurte les sensibilités aussi, avec cette volonté d’aider chacun à capturer ces instants où l’abandon de soi rime trop souvent avec l’abandon pur et simple.

À travers une introduction au piano posant les bases dans Blue Faces, Archive prend le temps d’ancrer ses deux pieds dans les sols mouvants créés par une tempête intérieure commune à tous pour développer dès la seconde plage le son industriel de Driving in nails, résonnant telle la sentence d’un autre temps empreinte d’un sacrifice fait au nom des espoirs placés dans les hommes.

Les contours vintages inspirés par les années 80 que l’on retrouve dans le titre album The False Foundation aident Archive à tourner une première page, à outrepasser les limites pour toujours plus d’osmose, orpheline au visage tuméfié en quête d’une absolution qui pourrait mettre un terme aux faux-semblants.

Je suis juste devant toi

C’est la voix de Pollard Berrier qui lui confère dans Bright Lights. Le titre devient sans « l’ombre » d’un doute l’arche des visions d’Archive, faisant naviguer nos divagations incontrôlables sur les flots d’une mer argileuse côtoyant les côtes d’un océan bleu. Un océan aux eaux plus calmes portant les intimes convictions des membres d’Archive et elles-mêmes les nôtres.

La tournée des rois du mauvais fondement – en anglais Kings of the False Foundation Tour – débute dès ce mois-ci. Archive traversera toute l’Europe, avec un passage notamment à la Salle Pleyel à Paris le 29 novembre prochain.

Et vous, quelle est la réalité qui vous poussera à vous y rendre ?

 



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