Björk

Suite à la sortie de son dernier album Vulnicura en janvier dernier, Björk nous revient avec une nouvelle version de celui-ci. Elle paraîtra le 6 novembre prochain et sera dédiée aux instruments à cordes. L’occasion pour la déesse islandaise de la pop expérimentale de s’essayer à l’exercice périlleux de la production d’un opus 100% acoustique.

Björk. Son nom seul suffit à faire frémir. Crainte de l’insaisissable, paroxysme d’une créativité parfois inaccessible, souvent avant-gardiste. Björk fait partie de ce paysage extraterrestre auditif qui sait diviser autant que fédérer. Pour un résultat que se vérifie à tous les coups en ne laissant jamais indifférent son auditeur. Depuis Debut en 1993, son chemin a été parsemé d’expérimentations en tout genre.

Vulnicura fut l’album de la réconciliation avec l’icône islandaise. Un second souffle, un énième lâcher-prise dans les bras de celle qui avait bercé tant de nuits de ses fans, notamment avec Homogenic, Vespertine). Qui avait également déchaîné tant de leurs passions, comme dans la BO de Dancer in the Dark, mais aussi et bien entendu, dans Debut, Post et Medulla quelques années plus tard. La nouvelle trame conférée à cette nouvelle version de Vulnicura s’intitule très “simplement” Vulnicura Strings (The Acoustic Version : Strings, Voice, and Viola Organista only). Elle permet l’exploration des méandres d’une âme en proie à l’abandon, à la nostalgie, et à l’acceptation des regrets.

Björk : un cri plus qu’un chant

Celui de Björk, lancé dans les airs joués par ces ensembles de cordes. Comme pour s’éloigner de celle très sensible, vibrant depuis la fin de sa relation avec Matthew Barney. La nouvelle histoire contée par Vulnicura Strings est celle d’une échappatoire, d’une créativité affamée. Elle s’appuie sur une réorganisation complète des titres déjà présents sur le Vulnicura de janvier dernier. Ainsi que sur l’emploi d’un instrument inédit conçu et dessiné par Léonard de Vinci, hybride d’un alto et d’un clavecin.

On y retrouve les incontournables Stonemilker et Lionsong, singles phares de la précédente version. On y (re)découvre aussi le titre Black Lack, à travers des tonalités surprenantes. Ce “piano arqué sans corde pincée” hérité de la Renaissance les initie. Björk se remettra et se sortira de cette mauvaise passe, cela ne fait aucun doute. La musique l’embarquera au-delà de sa détresse d’un temps, pour un grand écart sur le fil tendu entre notre stratosphère et l’attraction d’un espace dont elle-même ignore la fin. À suivre…

 


Björk : Site officiel