flo morrissey

Tomorrow will be beautiful : elle le chantait il y a presque deux ans. Tout porte à croire que ce vœu n’est pas tombé dans les oreilles d’un sourd. Flo Morrissey revient en effet cette semaine avec un second opus intitulé Gentlewoman, Ruby Man, enregistré en quinze jours dans les studios de Matthew E. White, un artiste américain un peu bourru dont la voix et la vision musicale recèlent un autre trésor. Autant dire que cette collaboration avec la jeune londonienne constituait dès le départ une évidence.

La classe : voilà ce que l’on se dit à l’écoute de la première plage Look at what the light did now, reprise par le duo formé par Flo Morrissey et Matthew E. White. Le titre signé à l’origine par le groupe Little Wings immerge nos oreilles dans un océan de bonnes ondes vintage. Le charme opère et pour cause : les deux compères n’en sont pas à leur coup d’essai.

D’un côté, la jeune adepte de folk originaire de Notting Hill qui fit l’école buissonnière dès ses 17 ans pour s’adonner à la musique de ses rêves, mélange d’invocations célestes, de vocalises perchées et de révélations sommaires quant à son âge véritable emprisonné jusque-là dans le corps d’une ado, et qu’elle finit par libérer à seulement 20 ans en sortant son premier single phare, Pages of Gold.

De l’autre, le gourou trempant dans la soul, le dub et la folk-rock, lui-même hypnotisé depuis des lustres par ses références qu’il présente lui-même comme ses pères spirituels sur la pochette de son premier album Big Inner paru en 2012. En l’occurrence, Dr. John et King Tubby. Sans omettre pourtant ses premières connexions fondamentales avec la musique à l’âge de trois ans, qu’il doit au Beach Boys durant sa tournée internationale de l’époque aux côtés de ses parents missionnaires catholiques.

Shake it : entendez le résultat

Gentlewoman, Ruby Man ne fait pas que du neuf avec du vieux : il est une quête vers ces contrées que ni Flo Morrissey, ni Matthew E. White ne purent connaître. Il est la traduction de leur volonté commune de tracer une généalogie musicale les ayant menés à ce choix draconien de dix titres capables de développer une cohérence tout autant musicale que sensorielle.

Les silhouettes des grands qu’ils revisitent, à l’instar de Nino Ferrer, des Bee Gees ou de George Harrison, côtoient les visages d’une nouvelle génération inscrite dans la même perspective qu’ils le furent pour la réalisation de Gentlewoman, Ruby Man.

Retour vers le futur

On retrouve ainsi une reprise de The Colour in Anything, titre composé par le petit prodige de folk-électro James Blake et paru l’année dernière sur son album portant le même nom. Les contours tracés par la voix de Flo Morrissey sont magnifiés par les arrangements de Matthew E. White. Ils nous embarquent pour un voyage d’une cinquantaine d’années dans toute la rondeur de sonorités parfois un peu timbrées, souvent harmonieuses.

La Française Charlotte Gainsbourg figure également dans la sélec’ de Flo Morrissey et de Matthew E. White, puisque son tube Heaven can wait sorti en 2009 sur son opus IRM s’offre lui aussi un ravalement de façade à coup d’orgues et de nonchalances vocales projetées par une guitare vindicative.

 



Retrouvez l’actualité de Flo Morrissey sur sa page Facebook©, et celle de Matthew E. White sur son site officiel.