frank rabeyrolles

Frank Rabeyrolles fait partie de ces artistes qui touchent avec presque rien. Dans son nouvel album Apart qui sort aujourd’hui sous son label Wool Recordings, le Montpelliérain s’adonne à l’expérimentation d’une transcendance des codes qui interpelle. Entre sonorités électro minimalistes et vocalises transfusées au compte-gouttes, l’imaginaire de chacun se fait une place. Reste à savoir jusqu’où vous laisserez aller le vôtre.

Double U, puis Franklin : dès ses débuts en 2004, Frank Rabeyrolles a collectionné les noms de scène qui, s’ils lui permettaient de qualifier ses premiers projets musicaux, lui servaient surtout à se dissimuler. Avec le recul, on comprend que c’était bien malgré lui. Et pour cause : l’auteur, compositeur et interprète finissait toujours par se faire démasquer par l’inqualifiable de sa touche musicale.

Revendiquant un esprit de contradiction le poussant à lier des genres voués à se tourner immuablement le dos, Frank Rabeyrolles n’en est pas moins cohérent. En premier lieu, dans ses rapports avec son passé familial, notamment avec son père qu’il décrit comme un touche-à-tout et dont il conserve et fait muter l’élan.

Dans la bouche et les notes de Frank Rabeyrolles, l’atypisme n’est ni une maladie ni une case de plus dans le besoin constant d’identification et de catégorisation de l’individu. Il est un art de faire, de ressentir, de vivre. Il est une humilité teintée de lucidité quant aux réalités qui l’entourent. Il est le nouveau nom de la liberté qui, si elle sait isoler, ne peut être éludée ni refoulée lorsque l’on s’éveille à elle.

Break on through…

Apart est le nouveau voyage de Frank Rabeyrolles dans son intérieur conférant un sens à la démarche artistique qui est la sienne. Il est la reconnaissance d’un état constamment en mouvements, malgré les nombreuses tentatives de l’environnement pour freiner son évolution voire le faire régresser.

À cette solitude assumée depuis toujours, Frank Rabeyrolles lui oppose ses Lessons ayant soutenu son avancée puis son élévation In Clouds, histoire de nous tendre la main pour nous y mener à notre tour.

« Il y a un peu quelque chose de nécessaire dans toute création. Quelque chose qui ne se contrôle pas et qui a un rapport au hasard aussi. Mais le côté onirique… C’est aussi ce voyage un peu psychotropique » déclarait-il lors de la sortie de #8 il y a cinq ans. Si l’onirisme est en effet toujours présent dans Apart, il se conjugue à un essentiel. À ce que la vie a dans ses veines.

To the other side

L’essence du nouvel album de Frank Rabeyrolles résonne avec le titre de The Doors. Car si Apart est un voile jeté sur cet électron libre du fait qu’il ose repenser les formats, il permet également de désigner ces Senseless Things n’ayant encore cours que par l’abandon de celles et ceux tout à fait capables eux-aussi de les distinguer.

Dès lors, pas étonnant qu’il faille à nouveau prendre le temps de décoder les sentiments primordiaux animant véritablement l’être humain. Love translation est la voie ouverte par Frank Rabeyrolles afin de briser les fausses croyances pour revenir aux fondamentaux, à l’instar de l’amour. À l’instar d’un enfant qui grandit, à l’instar du sien, dont les chants dans Like a child répondent à ses premiers balbutiements entendus dans Eastern cinq ans plus tôt sur #8.

Si Built to swim paru l’année dernière avait permis à Frank Rabeyrolles de révéler sa Third Skin, Apart plonge l’auditeur Inside. Pour celui ayant absolument besoin de références, il s’agira d’y découvrir un croisement d’Air, de Bonobo et de The XX. Pour cet autre ayant déjà pris le parti de s’extirper de la matrice, il s’agira de n’en découvrir aucune. D’être Lost, non pas lui, non pas en lui. Pas un seul instant. Et d’être en pleine possession de ce qui est vraiment.

 



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