oscar scheller http 404

Trois ans après la sortie de son premier album Cut and Paste, Oscar Scheller n’omet plus son nom et sort aujourd’hui son second opus HTTP 404. L’univers est loufoque et assumé. Entre électro déjantée et pop british grisante, on a le sourire aux lèvres et on en veut encore. Que demander de plus ?

Sa voix grave aurait pu lui ouvrir les portes de l’animation radio ou celles du doublage. Ceci dit, Oscar Scheller est encore jeune et pourrait bien vivre ces expériences un jour. Pour le moment, il en use à la faveur de sa ribambelle de sonorités un peu barrées. Comme c’est le cas à nouveau dans HTTP 404, son nouveau bébé. Un album dont il a accouché après une série de péripéties professionnelles et personnelles semble t’il. N’en reste pas moins qu’il a préféré à ses désillusions le feu de la musique qui l’anime depuis longtemps.

Résultat : onze nouvelles compositions originales à travers lesquelles il s’amuse à nouveau. L’air de rien, de ne pas y toucher, du temps et celui qu’on fredonne avant de taper du pied. En rythme bien entendu, même si celui-ci est parfois tortueux. Mais voilà : tout ceci est fait avec une conviction retrouvée et ça s’entend. Par conséquent, pas étonnant qu’il ait réussi à convaincre un si grand nombre d’autres artistes à le rejoindre sur HTTP 404. On en oublie jusqu’à leur nom et leur notoriété pour rester focalisé sur les chansons.

Oscar Scheller : Interstellar Disco

De son propre aveu à une petite fille d’à peine sept ans il y a trois ans, Oscar Scheller rêverait d’interviewer John Malkovich. Rapprochez cet élément de sa formation musicale classique dispensée à domicile par sa propre mère, des CDs de UK garage empruntés à sa sœur et de son désir d’émancipation d’un cadre artistique trop restreint par l’écoute intensive de The Cure : vous obtiendrez l’ADN du jeune Londonien. Un code extatique avant d’être génétique à travers lequel les désirs de frivolité deviennent des partitions trans-temporelles fleurtant avec l’anachronisme.

La trame de l’album HTTP 404 est accessible à tous, bien calé dans son sofa ou sur les dancefloors. Elle embrasse efficacement l’identité de chacun des featurings présents sur l’album, à l’instar du titre 1% en duo avec Lily Allen. En parallèle, 1UP avec Sarah Bonito fait de Super Mario un plombier sous exta. Quant au titre Go, si le tempo se fait down, le synthé fait toute la place au flow d’Oscar Scheller. HTTP 404 : un mix de genres qui finalement s’entendent plutôt bien. Un mix d’expressions qui sert fidèlement le nouvel élan et l’invitation du Londonien à la résistance.

 


Oscar Scheller : Facebook