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Le groupe américain The Districts revient aujourd’hui avec Popular Manipulations, son troisième album studio depuis sa formation en 2009. Entre rock transgressif et élans énergiques rentrés, The Districts martèle et interpelle. L’idée n’est plus de confirmer l’essai mais de soumettre sa feuille de route pour les dix prochaines années. Et cette première étape est plutôt de bon augure.

Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de son dernier opus, A Flourish and a Spoil : le groupe The Districts fait son come-back avec Popular Manipulations. Un retour déjà très concret sur scène puisqu’il parcourt à nouveau le monde depuis avril : il était notamment de passage à La Maroquinerie à Paris fin mai pour présenter une partie de ses nouvelles compositions.

Originaire de Lititz, une petite ville de l’état de Pennsylvanie, The Districts a rapidement élu domicile à Philadelphie. Le déménagement ne fut pas sans conséquences pour le quartet qui se sépara de son précédent guitariste Mark Larson. Il fut dès lors remplacé par Pat Cassidy. Aujourd’hui, The Districts fait partie des « joyaux de la couronne » du rock alternatif dans sa ville d’adoption, à l’instar de Beach Slang et Hop Along.

Un parcours déterminant

The Districts créa et réalisa ses premières productions seul. The Kitchen Songs EP, The While You Were in Honesdale EP, tout comme son premier album Telephone : c’est le temps des enregistrements à la chaîne et de l’apprentissage de la musique. « Nous étions des enfants dans une petite ville qui tentions de comprendre les fondamentaux de la musique et du milieu », confiait le lead vocal et guitariste Rob Grote fin 2016.

En 2013, The Districts signe avec Fat Possum Records. Les perspectives changent et le groupe peut désormais se concentrer sur sa musique en déléguant à sa nouvelle maison tous les aspects promotionnels et marketing. En parallèle, il rencontre John Congleton (St. Vincent, The Mountain Goats) : il produit le second album du groupe A Flourish and a Spoil, classé dans les meilleurs albums de l’année aux USA en 2015.

Popular Manipulations qui font sens

Si Rob Grote considère les deux premières périodes de l’existence de The Districts comme « faisant partie d’un même chemin », cette pensée se vérifie concrètement avec Popular Manipulations. En effet, si John Congleton est à nouveau intervenu dans la production de certains des onze nouveaux morceaux de ce nouvel album, le groupe en a aussi auto-produit certains autres avec Keith Abrams (Pine Barons).

« Les deux sessions d’enregistrement se sont très bien passées, et le travail avec John s’est fait dans le fun et la concertation. Mais c’était aussi rafraîchissant pour nous d’enregistrer près de chez nous avec Keith : nous avons vu ça comme un challenge ».

Rock inceptions denses

Résultat : en usant de toute la richesse de son ADN et des enseignements de son parcours, The Districts offre avec Popular Manipulations des sonorités qui savent se projeter dans demain. Le premier single Ordinary Day paru il y a quelques semaines déjà, est à l’image des nuances exprimées dans l’album, dont certaines sonnent étonnamment très British.

Si If Before I Wake en première plage est finalement le titre emblématique de Popular Manipulations, Why would I Wanna be marque une respiration façon Bon Iver tout à fait surprenante. Des temps acoustiques en équilibre avec les montées en puissance impulsives que The Districts maîtrise si bien. Tout comme lorsqu’il s’agit de parler d’amour dans Capable : là-aussi, The Districts a pris un peu de bouteille et monte à présent dans les tours pour rattraper sa belle.

 



Crédits photos : Sarah Rudderow