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Theo Lawrence and the Hearts sort vendredi son premier EP intitulé Sticky Icky. Tout est dit, et pour cause : il faut l’entendre pour le croire. Ainsi, ce qui pourrait être pris comme une pâle copie des références incontournables du rock, du blues et de la soul devient une réinvention étonnante teintée de réincarnations entre les mains du groupe. On reste sonnés, puis on se relève pour suivre ce rythme diabolique prenant le contrôle de tout notre corps. L’expérience vous branche ? Suivez le guide, ou plutôt, la voix de Theo.

21 ans ?!  On nage en plein délire. À moins que cela ne soit en plein talent. Il y a en fait un peu des deux dans la démarche de Theo Lawrence and the Hearts. Mais ça, on ne peut s’en rendre compte sans avoir écouté au préalable quelques unes des premières notes du groupe.

Mi-français, mi-canadien. Mi-pain, mi-vein. Theo Lawrence, c’est d’abord le frère d’une sœur s’exerçant la première au chant et qu’il décida d’imiter après ses leçons de piano. Theo Lawrence, c’est ensuite le gars qui tombe amoureux d’une guitare lors d’un concert à l’école et qui se la fait offrir pour devenir l’artisan de ses propres chansons. Theo Lawrence, c’est enfin et surtout une voix dont on a peine à croire qu’elle puisse être la sienne, tant son feeling rappelle celui des plus grands.

Des grands qui avaient déjà vécu, et qui vivaient encore des existences aux rimes de légende. Du delta blues de Charley Patton au flow de Charlie Winston, du gospel d’O.V. Wright au rock alternatif de King Charles en passant par la démence de Led Zeppelin et celle de Cold War Kids, la liste des influences de Theo Lawrence and the Hearts est longue.

Mais au fait : n’est-ce-pas là le signe de l’aptitude du groupe et de son leader à repenser complètement plusieurs genres pour une fusion qui n’appartiendrait finalement qu’à eux ?

Heaven to me : premières incantations

Theo Lawrence and the Hearts avait déjà défrayé la chronique en avril dernier avec la sortie d’un premier single, Heaven to me. Rien de plus beau que le ciel et son paradis, à moins que celui-ci ne lui appartienne déjà. On ne saurait trop prendre parti tant le voyage dans le temps initié par le morceau suscite en nous le plaisir incandescent expérimenté par la jeunesse des années 60 et 70.

La transposition de l’être au centre de cette piste de danse où les couples ne peuvent que se former devient une évidence. On se galoche, on se serre, on multiplie les gestes langoureux. On veut que jamais cela ne cesse. Et là-haut, nos prières sont entendues. Car après un second slow sur All along, les titres de Sticky Icky prennent le relai pour prolonger l’instant. Les cheveux gominés s’illuminent sous les spotlights qui s’accaparent le rythme de la première plage, les robes tournent et se soulèvent. Démentiel !

Coller à la peau prodigieusement

Il y a les EP qui s’écoutent. Et il y a Sticky Icky qui, lui, se boit. Les cinq titres qui le composent sont aux couleurs des cinq membres de Theo Lawrence and the Hearts. Olivier, Louis-Marin, Thibault, Nevil, et bien sûr Theo : à l’instar des morceaux écrits et composés par ce dernier puis « raffinés » selon son propre terme par le quintet, leur univers eut la patience de voir le jour puis de se former.

Car si Theo Lawrence and the Hearts revendique être Good for nothing, ne voyez dans cette affirmation qu’une volonté de conjurer le sort et de concevoir un avenir radieux pour tous comme celui qui attend Theo Lawrence and the Hearts. Comme l’annonce le titre Heavenly Dog, qui pourrait devenir son titre signature.

 



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