after-marianne-2016

Dans les bras l’un et l’autre, volupté, luxure. Dans le silence de la nuit, ensemble aimant. Je dépose un doux baiser, sincérité pure. Au creux de ta nuque, mon cher et tendre amant… Voilà ce que m’évoque le premier EP du groupe After Marianne qui sortira vendredi : It’s a wonderful place to be (over). Soyez parmi les premiers à assister au décollage de cette petite étoile dorée. Et marchez aux côtés de ses particules sur le sol de cette planète vêtue d’une herbe qui, si elle n’est pas verte comme sur Terre, sent cette fraîcheur toute particulière du succès annoncé d’After Marianne.

Elle, la jumelle vocale de Hannah Reid, nous vient du Puy-de-Dôme. Eux, alliant leur tact musical à l’insolite, sont originaires de Toulouse. De leur rencontre en 2013 naît le groupe After Marianne, un London Grammar made in France, axant également son ascension émotionnelle sur les ressentis crevant les cœurs de Warpaint, de Daughter, de Sigur Rós et de Bon Iver.

Il est loin le temps où Mathilda galérait à trouver sa voix. Les débuts de son projet musical After Marianne à Clermont-Ferrand sont laborieux : « C’était pour faire de la musique mais ce n’était pas très créatif en réalité ». Dans le jargon, on appelle ça une litote.

Et pour cause : la vision de Mathilda méritait bien plus que de la créativité pour s’exprimer complètement. Elle nécessitait ce quelque chose capable de transfigurer son talent brut. Ce truc qui épate tout le monde, qu’on a du mal à comprendre, à qualifier, qui vient d’ailleurs, qui fait rêver…

De la magie

À en perdre la raison… After Marianne, ce n’est pas de la musique. Ce n’est pas de la dream pop. Ce n’est pas de l’électrostimulation. C’est un enchantement. Et pour tout enchantement, il existe une formule constituée d’ingrédients rares.

Dans ce sens, si Mathilda est le premier de la liste, les trois autres sont tout autant indispensables. Théophile, Léo, Augustin : les trois compères de Kid Wise avaient déjà bien marqués les esprits avec un premier album sorti en 2015, L’innocence, notamment avec leurs titres Ocean et Hope.

Mathilda et Augustin se lancent d’abord dans un projet de reprises qu’ils appellent Sainte-Marie. Mais la fusion des quatre éléments clefs a complètement lieu le jour où Mathilda décide enfin de rallier Toulouse sur l’invitation d’Augustin.

Réaction en chaîne

La bande de copains est aujourd’hui devenue une troupe ancrée dans son époque. Non pas celle d’aujourd’hui, mais celle de leurs futurs enfants et petits-enfants. It’s a wonderful place to be (over) est dédié à l’espace : l’EP tout comme la scénographie développée par After Marianne fourmillent de matériels sonores et visuels directement empruntés à cet univers. À l’instar des derniers mots de la dernière plage Space, tirés de samples de la NASA, ou bien encore des combinaisons spatiales utilisées en concert.

Quant au contenu de l’EP It’s a wonderful place to be (over), l’histoire est celle d’un amour que la mort défait. Mathilda y interprète tour à tour les rôles des deux protagonistes. Elle endosse ainsi dans le sublime Marianne l’identité du vieil homme ainsi que toute sa tristesse et ses lamentations suite au décès de sa moitié.

Aucune limite, pas même l’infinité des trous noirs ou les frontières entre les genres, ne saurait ralentir ou stopper After Marianne dans sa quête d’émotions pures, qui ont du sens. J’irai même jusqu’à dire que le duo formé avec Julien Doré sur Love is just a game est « inversé », en ce sens que l’étoile est devenue une vedette ; la découverte After Marianne, une étoile.

Et l’étoile va toujours bien plus haut dans le ciel si tant est qu’elle trouve suffisamment de matière pour se réinventer. C’est tout ce qu’on souhaite très simplement à After Marianne. C’est tout ce qu’on espère…

 



Retrouvez toute l’actualité et les prochaines dates d’After Marianne sur sa page Facebook©.