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Après Darker Days, son premier album sorti en 2009. Après Waiting for the Sun to leave paru un an plus tard, puis the Bearer of bad News sorti l’année dernière, Andy Shauf nous revient aujourd’hui avec un quatrième opus intitulé sobrement The Party, et part à la conquête de l’Europe sur son matelas gonflable volant pour harmoniser le rythme exacerbé de nos folles existences.

Toudoudoudou Toudoudou… C’est dire si la première chanson d’Andy Shauf sur ce The Party sait faire sa place dans nos cervelles. The Magician est à l’image du nouveau jet de l’artiste canadien et de son état d’esprit, sans cesse en partance mais désormais bien plus posé, avec ce regard sur une certaine forme de superficialité régnant dans les rapports humains.

Résultat : des lieux oniriques prenant appui sur la mise en scène de personnages rassemblés ce soir-là autour d’Andy Shauf, l’excité de la gratte et du piano écrivant les paroles d’une conscience à peine concernée. La nonchalance tout comme la distance apparentes d’Andy se révèlent à la lumière de ces autres qui l’entourent et qui le contemplent enchaîner cigarette sur cigarette.

The Party est donc une pièce de théâtre à part entière éventuellement adaptable sur grand écran dont le protagoniste et ses adjuvants inattendus mais si prévisibles dessinent Early to the Party les contours d’une musique ésotérique dépassant le seul cadre du mélange pop folk instrumentalisé par Andy.

Une instrumentalisation dont le principal objectif est de le laisser s’épancher puis partager ses tourments sentimentaux et sa nostalgie tenace, notamment dans le titre Martha Sways.

Une dérision aussi, afin de dédramatiser ce qui peut l’être, de décrire avec réalisme, puis de repenser en toute simplicité des aspects comportementaux communs à une très large majorité des individus instaurant un cercle où les traditions répétitives deviennent autant d’occasions de prendre de la hauteur. Et quel meilleur endroit pour le faire que les coulisses d’une soirée à l’écart des invités, notamment ceux arrivés trop tôt avec ces Eyes of them all posés sur leurs pas de danse dissimulant le malaise.

The Party a ceci de singulier que ce voyage à l’écart est aussi celui hors de notre temps. J’entends par là que l’album nous connecte à la réalité transcrite par Andy Shauf dans laquelle nous pouvons dès lors nous projeter pour nous identifier au-delà de sa musique influencée par la pop des années 70.

Dans un souvenir enfumé qui vous interpelle et grâce auquel vous vous rappelez que vous étiez comme lui. Jusqu’à ce que vous lui répondiez qu’elle était Quite like you.



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