beach house Alex Scally Victoria Legrand 7

Dans sa quête d’un essentiel qui saurait être cette beauté en décalage avec son temps, le duo Beach House formé en 2005 par Alex Scally et Victoria Legrand persiste et signe. Il revient vendredi avec un septième album intitulé simplement 7, en parallèle d’une tournée mondiale qui passera notamment par Lyon et Paris.

« Je crois que les genres et avancées, en musique, ne sont que des mirages. Depuis toujours, il existe des grands songwriters et c’est finalement tout ce qui compte : la chanson, toujours, est au centre de ce qui est grand et manque à ce qui ne l’est pas ». Dans les mots d’Alex Scally confiés au Inrockuptibles en 2015, un étendard plus qu’une posture.

Le groupe de dream pop qu’il fonda avec Victoria Legrand il y a plus de treize ans à Baltimore a vu le monde tourner toujours plus vite, et la musique prendre une autre tournure dans la tête de ses consommateurs. Beach House, un projet artistique héritier des grandes influences classiques de ses créateurs et du Velvet Underground, devient le vaisseau amiral voguant en direction de territoires perdus.

Des espaces on web où la musique se vide de sa préciosité par le jeu de mécanismes on-line bien connus de tous, et notamment des plus jeunes. Vidéos, streaming, réseaux sociaux : si les pratiques et les usages ont changé, les perspectives de Beach House demeurent : « Il faut garder l’esprit ouvert et le laisser disponible aux grands artistes qui, de tout temps, par leur art, ont contribué à montrer au gens qu’ils pouvaient regarder les choses d’une autre manière ».

Les couleurs d’un sombre printemps

Qu’on se le dise : Beach House ne fait pas dans la tendance. Si les modes passent et que les sonorités creuses trépassent, la démarche créative d’Alex Scally et de Victoria Legrand pour leur nouvel album 7 va également contre des habitudes très personnelles qui semblaient bien ancrées. L’humeur est sacrée, l’envie toujours aussi folle, et quitte à ne se donner aucune limite, autant produire ce qui les rend profondément vivants.

7 dépasse donc les seules productions capables d’être fidèlement reproduites sur scène. Objectif : libérer Beach House de ses dernières chaînes et, à travers plusieurs sessions d’enregistrement au lieu d’une seule auparavant, éviter judicieusement le perfectionnisme à outrance pour ne tirer que le nectar bouillonnant de l’imagination imprévisible du duo.

Plongée dans un sourire perdu

Loin des désirs de postérité et des désespérances outrées, Beach House livre avec 7 un chapitre tout en nuances de ses vacarmes intérieurs et de ses manies effrontées. Le ton était donné depuis des années : loin de cette « épidémie de faux authentique » telle que définie par Victoria Legrand, Beach House survole et se love dans ses plus frêles excitations.

Résultat : on plane, on s’évapore pour reprendre forme, un peu plus léger. Sous cette Lemon Glow, la Girl of the Year a le teint plus rose, étonnamment. Elle tend ses bras à L’Inconnue pour une promenade en canon qui ne sera pas la dernière. Rendez-vous le 30 septembre à l’Épicerie Moderne à Lyon, puis le 15 octobre à l’Olympia à Paris pour prendre la main de Beach House à votre tour. Un tête-à-tête dans les étoiles qui ne manquera pas de vous émouvoir.