GARBAGE

Garbage fait son grand retour ce vendredi avec la sortie de son septième album Strange Little Birds. Si le groupe a écrit sa légende à l’encre d’un rock sulfureux et sans concession, c’est pour mieux guider nos sens et nous libérer des entraves auxquelles les dogmes nous enchaînent.

Rappelez-vous 1995 et la sortie en catimini du premier album éponyme de Garbage. À l’époque, la jeune chanteuse écossaise Shirley Manson semait sur son chemin les miettes de ses promesses au rythme pénétrant du premier single du groupe, Queer. Le succès fut au rendez-vous. Je fis partie de ceux ramassant les petits morceaux de pain traînant dans cette forêt infestée d’illusions transgressives et de réalités confondantes pour rejoindre ma dulcinée et ses musiciens bonimenteurs.

Pas un instant, je n’ai craint l’arrivée du grand méchant loup. J’ai même prié pour qu’il vienne. Ce n’était plus lui déguisé en grand-mère : c’était Shirley déguisé en lui. Et ses susurrements finirent par me convaincre de me faire dévorer.

Stupid Girl ? Tu parles ! La sirène et sa troupe ne savaient que trop bien ce qu’ils faisaient. Et c’est dès 1998 qu’ils se mirent à la page avec une Version 2.0 dont je garde un souvenir précis puisqu’elle coïncide avec un Special sentiment fort de désespérance couplé à une volonté rallumée par un Push it embrasé déchaînant mes forces vives dont j’ignorais l’existence même pour certaines.

Le monde ne suffit pas : Garbage le chantera haut et fort un an plus tard comme pour annoncer ce qui se tramait : ni plus ni moins que la conquête d’un univers. Absolute Garbage, le premier best of du groupe sorti en 2007, en sera le fruit. Un testament sur fond de sables lunaires, à moins qu’ils ne proviennent d’une vraie planète que Garbage aurait visitée avant tout le monde. Ou après, tout dépend du point de vue.

Not your kind of people était donc le dernier produit en date du quatuor américain révélant une appréhension pragmatique de la société d’aujourd’hui et de ses directions. Un Big bright world  cédant sa place à une Battle in me, en nous tous.

Une série d’introspections menant à la remise en question d’un collectif désorienté et déçu et matérialisée par ces Strange little birds qui convoleront en justes noces dès vendredi.

Car il faut bien bousculer avant de faire bouger les lignes. Et les deux premiers singles déjà disponibles de ce nouvel opus s’inscrivent dans cette perspective pédagogique initiée par Garbage afin de poser les fondations du nouveau monde.

À travers la confession du vide intérieur et la reconnaissance de sa nécessité dans Empty, à travers un amour achevé qui ne peut effacer les liens dans Even though our love is doomed, Garbage nous offre sa méthode pour éveiller nos sens notamment le bon. Pour bâtir ces échelles en nous et en-dehors, celles grimpant jusqu’aux nids de ces Strange little birds pas si étranges que ça finalement.



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