COMMON DIAMOND

Le Common Diamond nous invite ce vendredi à tendre nos mains pour communier avec la rareté de sa spiritualité à travers son tout premier album The Fade Out. Reflet d’une pop minimaliste et d’un esprit en perpétuel décalage, ce grand saut dans le bain d’une élégance vocale et instrumentale à toute épreuve saura vous chatouiller les tympans jusqu’à l’hypnose totale.

C’est sous la houlette de Metronomy que Floran Remy et Thomas Juvé poussent leur premier cri. Le vrai, celui d’une identité forgée au fil des années sur les scènes de Toulouse et d’ailleurs avec le groupe de rock dont la fin en 2010 deviendra leur mère.

Fondateurs du Common Diamond, 2012 devient ainsi pour le duo l’année de l’expression des angoisses, celle aussi des vapeurs de brume mêlant électro et acoustique, transportées par leurs deux voix insaisissables entendues de l’autre côté de cet étang duquel finit par jaillir une lueur dans la pénombre de nos fantasmes et des leurs.

Les lives se succèdent, l’engouement ne retombe pas, bien au contraire : il s’intensifie et devient un moteur à réaction propulsant le Common Diamond sur cette planète mutante subsistant au fond de sa tête depuis toujours. Le duo devient quatuor. Il brise sa chrysalide et étend ses ailes poudrées, grand paon dans la nuit de songes devenant réalités : son second EP Swedish summer dream prend le jour tout entier dans ses bras au crépuscule de 2014. After all, c’était sans doute écrit…

Voilà donc deux ans que le Common Diamond n’avait pas étincelé dans l’ombre des volutes d’un chapiteau changé en sa cour de récré. Succédant au sexy single Upside Down sorti en avril dernier, le tout premier album du groupe The Fade Out déroule la trame sens dessus dessous de vastes espaces inexplorés aux sous-sols peuplés des créatures les plus déroutantes. Se serrant les unes contre les autres telles des chauves-souris, elles finissent par s’éparpiller dans les grottes voisines pour nous révéler les fresques mouvantes sur les murs qu’elles gardaient quelques instants avant.

On est loin des morceaux de Floran composés à l’époque où il n’avait pas encore un poil sur le menton. The Fade Out semble pourtant apporter les réponses aux questions d’antan du jeune homme : à the Island sur laquelle il projetait de faire de sa solitude sa reine répond l’invitation de Leave the planet. Aux Lost dreams, l’intimiste Try your luck encourage l’âme lassée à saborder le rafiot d’un format prédestiné pour finalement l’inviter à la lutte. You vs Reality.

Et puis, je viens de me rendre compte d’un truc : je suis sur le point d’achever l’écriture de cet article sans avoir fait une quelconque référence à un autre groupe déjà connu. Pourtant, même si les influences déjà citées par le Common Diamond ne manquent pas, même si les étreintes de certaines d’entre elles peuvent parfois dépasser la mémoire musicale du groupe pour instiller leurs échos dans The Fade Out, je n’ai pas eu le besoin ni l’envie de les évoquer.

À cet instant, je me dis que le Common Diamond a vraiment bien fait les choses jusque dans le titre de son album, en éclipsant dans un fondu sensuel et imperceptible toutes ces pointures. Car si la création rime avec réinvention, ses sensations sont bel et bien celles de son affirmation.



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