Jack Savoretti

Vendredi prochain, la fine pluie anglaise a donné rendez-vous au soleil ardent de l’Italie juste au-dessus de la France, rencontre qui coïncidera à quelques minutes près avec la sortie du tout dernier album de Jack Savoretti intitulé Written In Scars.

Mesdames et Messieurs, cessez de clamer haut et fort que la nature est mal faite pour certains, et si généreuse pour d’autres ! Il y a un sens à chaque chose. J’en veux pour preuve le parcours de notre playboy aux mélodies entêtantes, qui décide à son tour de reprendre la parole pour un opus rimant avec poésie à peine voilée et rythmes pénétrants et dévastés.

Avec Written in Scars, Jack Savoretti frappe fort, très fort, et matérialise cette nouvelle étape de son ascension en mettant sur la table une toute fraîche maturité, sa sensibilité à fleur de peau, et un cœur qui peut laisser le nôtre en morceaux.

Les éraillements vocaux répondent à nouveau présents et invoquent l’émotion incarnée de Joe. Oui, celui-ci et pas un autre : je parle bien de Joe Cocker. Il transpire des envolées de Jack, raclant au passage les restes d’un univers que l’on croyait bel et bien en perdition, pour le ranimer de mille feux de Bengale tournoyant dans le ciel de notre lâcher prise.

Oui, il y a un sens à chaque chose. Et ce n’est pas la mère de Jack Savoretti, à l’origine de ses premières notes de gratte à travers celle qu’elle lui offrit alors que l’école ne lui avait rien dit sur la signification profonde de la musique, qui nous dira le contraire.

Il y a un sens à chaque chose, et si Bob Dylan su remettre en selle notre italo-anglais, ou anglo-italien – c’est comme vous le sentez – au moment où sa désespérance était la plus palpable, c’est pour mieux lui rendre la pareille en se réappropriant le morceau qui fit justement rejaillir en Jack Savoretti cette conviction passionnelle : les obstacles, non, ne sont décidément pas faits pour nous arrêter. Bien au contraire, et c’est de cela dont il s’agit dans sa reprise de Nobody ‘Cept you.

Oui, même les obstacles ont un sens. Qui peut, certes, nous échapper dans un premier temps, mais qui se révèle dans une lumière cadencée par la basse d’un Sam Nixon en pleine régénérescence, et le réveil de la batterie baladée sous les baguettes de Matty Benbrook, anciennement affilié Faithless.

Oui, il y a un sens à chaque chose. À chaque être qui a bouleversé l’âme de notre ténébreux pour qu’il en tire l’art et la manière de savoir chanter l’amour, le sentiment, le frisson, l’abandon décadent. Et c’est notamment dans les traces laissées sur le carrelage d’un Broken Glass que l’on perçoit tout ceci pêle-mêle, dans le reflet d’un cristal jauni, un brin mélancolique, et pourtant si revigorant. Surtout annonciateur du meilleur.

Aussi, entendez vous aussi le sens de ces choses qui vous dépassent. Sentez le goût de cette amertume qui n’en est pas une. Voyez the Other side of Love : rien qu’une fois, croyez percer son mystère.

La vie mérite bien d’être vécue ainsi. Alors foncez, Back to me, back to you ! Et laissez-vous guider par ce vent se grimant en tempête tout contre votre peau, et dont le souffle froid renverra à votre cerveau cette pulsation infime mais salvatrice, écho de votre douleur et de votre nostalgie, rappelant à votre bon souvenir ces cicatrices si chères au sens même de votre tumultueuse existence. Cicatrices changées en une plume déchirant votre chair, pour y écrire de sa pointe les lignes anamorphosées de votre propre conte.



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