joe bel dreams

Trois ans après la sortie de son second EP Hit the Roads, Joe Bel revient vendredi avec un premier album studio qui ne manque pas d’airs. Dans Dreams, elle raconte ses p’tites histoires qui, avec beaucoup de douceur, caressent les aléas de notre journée pour les faire s’évaporer.

2018, trente ans, et un premier album, Dreams, qui fait déjà son chemin. 2018, six ans, l’âge de son fils cette année, dont la naissance lui ouvrit les yeux sur cette irrésistible attraction qui ne disait pas son nom. À laquelle Joe Bel décida finalement de succomber pour être sur scène. Un défi majeur à l’époque, mais qu’elle considéra tout à fait autrement après son accouchement.

Joe Bel. On la croirait Américaine avec sa folk tutoyant gentiment la pop. On la devine Française, par cette voix mutine dont elle use avec tact et souplesse, de la terre à la mer. De ces idées qui la supplient pour être libérées au fil de ses pensées, auxquelles elle finit par tout donner. Joe Bel, belle, belle, belle, comme le jour d’une exposition au grand jour, d’une joie qu’elle décide à présent d’expérimenter sans détour.

Quand on y pense…

L’étudiante en histoire de l’art, débarquant à Lyon pour perpétuer les mélodies qu’elle inventait petite entre deux biberons, est loin désormais. Elle demeure malgré tout dans l’appréhension que Joe Bel a de ses propres émotions. Si Dreams était l’une d’entre elles, elle serait sans doute cette subtile mélancolie multiforme qui s’offre au monde avec détermination.

Une détermination qui, derrière son éternelle timidité, la fit devenir cette inventrice de notes et de mots simples. Actrice aussi en 2016, dans Tout pour être heureux, et dans son propre rôle, en dépit de tout ce qu’elle aurait pu imaginer. No, no : le succès grandissant de Joe Bel n’est pas qu’une histoire de hasard. Pas qu’un seul espoir non plus, même si elle le chante. In the Morning, comme un déclic qui fit basculer sa vie. Pour notre plus grand plaisir.

 


Crédits photos : Emma Pick