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Ali Lacey aka Novo Amor sort aujourd’hui son premier album solo. Entre hommage au lieu qui fit naître son désir artistique et expression de conflits constants en son coeur, Birthplace est un petit bijou folk. Le fruit d’un parcours pas si ordinaire.

Il y a comme un air de déjà-entendu… Et pour cause. Si Ali Lacey s’est un jour détourné du rock, du métal et des musique de film, c’est pour se donner corps et âme à ces chansons folk qui continuent à résonner, une fois la dernière note jouée. Dans cette optique, il n’est pas étonnant de reconnaître la grande influence de Bon Iver sur son travail.

Après la sortie en 2014 puis en 2017, de ces deux premiers EPs Woodgate, NY et Bathing Beach, Ali Lacey revient aujourd’hui avec Birthplace, un album dont les sonorités s’inscrivent dans la continuité de celles développées par l’auteur, compositeur et interprète américain Justin Vernon dans son album phare Bon Iver paru en 2011.

Incarnant complètement son projet musical Novo Amor, Ali Lacey fait de Birthplace une fin et un commencement. Une ode à ces moments passés en 2011 sur la plage du lac de Woodgate, NY, situé dans le parc national Adirondack. Un révélateur du temps qui passe, aussi.

Le lieu du reste de ta vie

La vie d’Ali Lacey ressemble finalement à celle de beaucoup de gens. Des expériences qui se succèdent, notamment à Woodgate, NY donc, en tant que prof de musique d’une colonie de vacances. Au Pays de Galles ensuite, en tant que vendeur de glaces : Ali Lacey est de retour chez ses parents, après une rupture amoureuse qui laisse des traces. Il en profite pour se mettre à écrire et à composer ses premiers morceaux, sans trop y croire.

Les plages du lac de Woodgate, NY sont toujours présentes dans sa mémoire. Les souvenirs intenses de cette période, passée entre nature et coins urbains égarés, guident sa plume, ses pas. Il finit par croiser la route de l’écrivain et producteur Ed Tullet. Il se recentre, gagne une confiance inédite en son travail : “C’était génial d’être là à seulement faire de la musique avec lui, et rien d’autre.”

Deux naissances pour un seul être

Ali Lacey prit le temps de s’écouter, de se réaliser. Il choisit la liberté de voir, d’écouter, de vivre celui qu’il était vraiment. Dès lors, Ali Lacey cède sa place à Novo Amor, un projet musical qui porte en son coeur sa véritable identité. Plusieurs singles et EPs se succèdent, ayant tous pour trame de fond ces jours passés au lac de Woodgate, NY. Jusqu’à la sortie fin 2017 de l’album Hereiss, pour lequel Novo Amor collabore avec Ed Tullet.

Jusqu’à celle de Birthplace aujourd’hui, le conte moderne vécu par Novo Amor. Enregistré dans ses propres studios à Cardiff, l’album dévoile une incroyable symphonie de sens et de sons juxtaposés. Il témoigne également de la fin d’un cycle, qui est en elle-même le début d’une nouvelle vie initiée voilà 4 ans. Un jeu de cache-cache avec le temps comme l’explique Novo Amor : “Birthplace est essentiellement joyeux, mais un peu biaisé par le passé selon moi. C’est lié à l’idée que quand tu te souviens de quelque chose, tu te souviens en fait de la dernière fois où tu y as pensé, et pas de l’évènement en lui-même. Tu ne peux pas marcher dans la même rivière deux fois. C’est pourquoi, plus tu regardes en arrière, plus les souvenirs se transforment. C’est en ça que la stagnation peut créer des faux souvenirs.”

 


Crédits photos : Daniel Alexander Harris