melissa bon away

Il y a du bon à tenter. L’aventure, la chance, le destin. Il semblerait que ce soit également le point de vue de l’élégante Melissa Bon, qui s’inscrivit un jour aux auditions à l’aveugle de The Voice. C’était il y a quatre ans déjà. Depuis, cette voix assez hors-norme a poursuivi son chant, ses belles espérances. Elles se concrétiseront vendredi 15 juin par la sortie d’un tout premier EP d’une délicatesse extrême intitulé Away.

Nous n’en parlerons pas pendant 107 ans. Melissa Bon a fait The Voice, en effet. Elle y interpréta notamment l’un des plus somptueux duos avec Caroline Savoie sur le tube de London Grammar : Wasting my Young Years. Elle quitta l’émission juste avant le début des primes. Mais ce qui aurait pu ressembler à un échec fut, en fait, une complète réussite.

Personnellement, j’avais déjà été très sensible à l’approche artistique et au grain de Melissa Bon. Et si j’avais eu l’occasion depuis de regarder à nouveau ses performances sur YouTube, je m’interrogeais surtout sur ce qu’il advenait à de véritables talents comme elle à la suite de ce type d’émission.

Beaucoup tombent très vite dans l’oubli. Y compris des gagnants. L’époque est ainsi faite. Par conséquent, la vraie victoire pour un artiste en devenir qui se présente sur la scène de ce genre de programme ne réside pas forcément dans sa finalité. À bien y réfléchir, il semblerait que la plus grande victoire soit d’être capable de marquer suffisamment les esprits pour y faire sa place et y rester.

Impact durable

Et ce fut donc le cas pour Melissa Bon. Une incroyable présence scénique, sans en rajouter, une sincérité qui n’a pas besoin d’être dite ni surjouée pour exister. Une compréhension du sens des mots, une voix qui apaise, qui transporte, qui séduit indubitablement. Comment oublier tout cela ?

Alors, lorsqu’on apprend que Melissa Bon sort (enfin) un premier EP : Away. Quand on est chez elle, sans surprise, dès les premières secondes d’écoute. Quand on est profondément heureux qu’elle ne se soit pas plantée d’univers, ni d’entourage. Quand les titres se succèdent, avec ce sourire sur votre visage qui ne vous quitte pas. Un sourire de plaisir, d’une formidable intensité. Et bien, on ne peut évidemment pas rester dans son coin sans en parler.

Une évidente harmonie

Il est loin le temps où Melissa Bon quittait sa Suisse natale pour venir s’installer à Paris et y étudier la musique. À moins qu’il ne soit toujours là, comme tous ces autres moments passés dans les bars et les petites salles de concert de la capitale pour s’y produire et exercer son organe.

Peur sauta du pont et laissa un jour Melissa Bon assumer tout ce qu’elle avait toujours été. Dans toute la singularité de son caractère, la vision d’un alter-ego, celle aussi d’un avenir. Nomad, toujours. Unique as One. Quand l’absolu peut tout aussi bien être le vide que transcendantal dans Blank. Away, mais jamais très loin finalement. Play, puis fermez les yeux : c’est aussi à vous qu’elle s’adresse.

 


Crédits photos : Elina Tran