motorama-2016

Retrouvez demain le quatrième opus des russes de Motorama, Dialogues. À la croisée d’une nostalgie étonnamment vivifiante et d’une perspective évolutive restant malgré tout fidèle à l’essence du groupe, Dialogues s’écoute et se danse. Il initie une vague de sensations contraires mais terriblement enveloppantes. Autant se laisser aller, allongé sur le sable d’une immensité que Motorama a su mettre à jour, où chaque grain témoigne d’une diversité émotionnelle en communion avec la lune de nos pensées.

Une plage, celle de la ville portuaire de Rostov-sur-le-Don, à une cinquantaine de kilomètres de la mer d’Azov, au sud de Moscou. Cela paraît bien éloigné des clichés exotiques et leurs palmiers à califourchon sur les eaux turquoise d’un océan nous paraissant infini tant il tranche avec les horizons étroits de notre quotidien urbain.

Cette plage est pourtant celle sur laquelle le groupe Motorama a élu domicile pour créer un microcosme musical désaltérant. Une oasis servant de repère à Vladislav Parshin et ses quatre acolytes. Un bercail aux allures de refuge accueillant leurs réflexions optimistes quoique parfois amères, invitant chacun à rejoindre leur communauté humblement spirituelle.

On se souvient des fers de cet Horse qui avaient su initier la cadence de Motorama. L’animal avait d’ailleurs donné son nom au premier EP autoproduit du groupe. Quatre ans plus tard, l’équidé se voyait pousser des ailes et faisait s’envoler le quintet vers une reconnaissance méritée.

2012 ou l’année du basculement, avec la signature chez les Frenchies du label Talitres et la sortie de l’album Calendar, marquant le départ de Motorama pour des contrées bien terrestres et jusque-là inexplorées à bord d’une barque remontant le Don, à la seule force de leurs bras et de leur insatiable soif de rencontres et de voyages.

Éluder la facilité

Depuis, les critiques et certains fans ont regretté la linéarité des productions de Motorama. Pourtant, ces enfants de The Smiths et de Coldcut, ces frères de The XX, sont à leur tour devenus des parents, ceux notamment de The Paper Kites. N’est-ce pas à ce type d’élément que l’on reconnaît l’identité et l’influence d’une formation artistique ?

D’autant plus que les deux autres albums, parus respectivement en 2013 pour Alps puis en 2015 pour Poverty, comptent eux-aussi des mélodies d’oxygène pur. Elles témoignent d’un processus créatif propre à la capacité de Motorama d’expliciter non seulement la déroute liée aux spécificités de leurs coutumes et de leur mode de vie à la russe, mais également l’émerveillement procuré par l’assemblage de sonorités découvertes au fil de leur traversée sur les courants du monde.

Citons Northern Seaside, Ghost, ou bien encore Corona et ses relents country à peine voilés, et l’underground Write to me.

Ode à la subtilité

Voilà en fait ce qui distingue Motorama depuis ses débuts. Et cette trajectoire se confirme dans son quatrième album Dialogues qui, comme son nom l’indique, matérialise une volonté bien plus affirmée désormais de partager son partage avec l’autre.

Dialogues ose en effet dévêtir les sensibilités individuelles et l’appréhension de ce qui fait de nous des êtres sociaux doués de raison et remués par la passion.

Celle pour la personne occupant notre esprit partout, tout le temps, dans I see you. Celle pour cette solitude qui ne nous quitte jamais vraiment dans Loneliness. Celle pour l’abandon de soi dans Hard Times : ensemble, c’est encore et toujours mieux.

 



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