PEACE

Le quartet de Worcester, Peace, nous revient lundi prochain avec un second album intitulé Happy People. L’occasion pour les frères Koisser de jouer une fois de plus la carte de l’autodérision anachronique à travers des sonorités pop-rock dont seule l’Angleterre a le secret.

November and the Criminal : tel était le nom du groupe formé en 2009 au collège. Un rêve d’ados qui devint réalité avec la sortie d’un premier EP éponyme en 2010 : quelques mois après, Peace était né.

Comment vous décrire l’identité de Peace ? Disons qu’on cerne bien les influences du band, à mi-chemin entre les frasques musicales et vestimentaires d’un Bowie, la créativité scénique anticonformiste d’un INXS, et les mélodies baladeuses – tout autant que leurs mains sans aucun doute – d’un Blur.

Ajoutez à cela la voix nasillarde mais terriblement efficace d’Harry, présentant d’étranges similitudes avec celle de Richard Ashcroft : vous obtiendrez « a band made in England » versé dans l’art d’une provocation subtile, poussant le bouchon gentiment mais sûrement jusqu’à tenter d’égaler l’ironie et la dénonciation d’une société qui ne colle décidément pas avec les standards de ces quatre jeunes banlieusards, ayant grandi avec cette nécessité vitale de se renouveler.

À l’instar de leur titre Money, qui va jusqu’à reprendre le même nom que le tube international d’un mythique Pink Floyd, sans pour autant le plagier puisqu’il s’agit donc d’en offrir une vision « remasterisée », autrement dit, en rapport avec le monde économique, culturel, et social tel qu’il peut être perçu par la jeunesse de 2015.

À l’instar aussi de leur titre Lost on me, dont le clip sait emprunter les valeurs artistiques de la nouvelle vague tout en s’en emparant afin de transcrire un hommage à peine visible à The Beatles, poussant la réinvention jusqu’à inclure des lignes de guitare et de basse dignes de celles d’un David Evans et d’un Adam Clayton, désarçonnés juste ce qu’il faut dans cette péripétie symphonique « next generation ».

Sans parler du morceau World Pleasure, offrant une envolée planante donnant à Peace toute cette contenance perturbante et bienfaisante qu’on aimerait bien plus souvent entendre, quitte à s’exploser les yeux sur les rayures et les jaunes pétants de leurs pulls tricotés par grand-maman.

« I don’t feel like a man. I’m a Girl”, ou comment s’interroger sur ce que l’on est vraiment lorsqu’on ne réussit pas à s’identifier à la masse de ceux qui se revendiquent être des hommes ? Voilà qui aura le mérite de distraire vos oreilles et vos pensées. Merci Peace.



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