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Le trio Tachka, emmené par Natacha Jomain, revient vendredi 16 octobre avec un nouvel album très attendu. Succédant à Balbutiar paru en septembre 2015, Volcan offre une belle envolée, en anglais mais aussi en français. Comme il dévoile des ressentis rimant, parfois, avec partis pris.

Depuis 2011, l’auteure, compositrice et interprète franco-danoise Natacha Jomain ne ménage pas ses efforts pour vivre de sa musique. Un art dans lequel elle a vite entrevu l’opportunité d’y exprimer ses désirs. D’une part, ceux voués à se former perpétuellement. D’autre part, ceux encore plus précieux dont la rareté égale l’intensité. Seule au départ dans son projet qu’elle nomma Tachka, elle finit par s’entourer de musiciens aptes à suivre ses montagnes russes émotionnelles, sensuelles, conflictuelles. Tout autant qu’à porter fidèlement toutes ces influences qui fit de la femme une artiste.

Aujourd’hui, ce sont Agnès Ino et Romain Stochl qui partagent les sessions d’enregistrement et les scènes avec Natacha. Clarinette et contrebasse subliment une approche créative tout autant inspirée du jazz de son enfance que du rock de son adolescence. Sans omettre ces autres périodes punk, électro, blues et folk. Autrement dit, Tachka n’est pas un projet que l’on peut facilement “ranger”. Il n’est pas non plus un projet fourre-tout. Il est cette paire de clés que l’on dispose soigneusement dans une jolie boîte, que l’on ne cherche pas forcément à montrer à tous les gens qui passent chez nous. Mais dont on espère secrètement qu’ils la découvre.

Tachka :  Le tableau est une aquarelle

Axé sur les propres expériences de Natacha, mais aussi sur l’Histoire et l’actualité, le nouvel album de Tachka, Volcan, est un voyage au creux de la terre. Celle qui voit naître puis devenir poussière. Dans la valse de ces humains égarés entre danse et justesse, le dire sentimental répond au faire véritable. La Salop.e a beau être cette cruche ayant fait maths sup aux yeux de ses semblables masculins : elle sait lire entre les lignes. Notamment pour distinguer les belles paroles des actes. Ceux qui marquent une vie plutôt que de laisser des ecchymoses durables sur un visage, un corps, une considération de soi.

“Est-il passé l’âge de la rébellion ?”, s’interroge Tachka dans Le tableau. Entre vague, houle et retour au calme, les réalités de ces derniers mois prennent un nouveau sens Après la tempête. De quoi donner une nouvelle place à ce Black Sheep pour, peut-être, apprendre aussi à l’écouter. Et dans ce Bad omen confié dans un mantra instrumental hypnotisant, on plonge les yeux fermés dans la lave des destins qui demeurent entremêlés. Quoiqu’on en dise et quoiqu’on en pense. Aussi, plutôt que de feindre l’ignorance et de les séparer, l’idée est à présent de les réunir à nouveau. Dans cette roche en fusion qui fait fondre tout sur son passage. Y compris les esprits trop esseulés pour réaliser, qu’en fait, ils ne sont pas seuls.

 


Tachka : Facebook | Crédits photos : Anne-Laure Étienne