tim linghaus we were young when you left home

Dans Memory Sketches, son premier album paru en mars 2018, Tim Linghaus était en quête de l’enfant qui sommeillait en lui. Dans son nouvel opus We Were Young When You Left Home, qui sortira vendredi 22 novembre, il le trouve enfin. Et nous invite même à trouver le nôtre.

Les abîmes de Tim Linghaus n’ont pas mis longtemps avant de se laisser dévoiler. L’auteur, compositeur et interprète allemand revient avec un opus qui offre une belle vue d’ensemble sur les profondeurs qui l’accaparent depuis quelques années. Pour ne pas dire depuis toujours. Ainsi, dans son second album We Were Young When You Left Home, il tend la main au jeune Tim dont il semblait avoir perdu la trace. À travers le prisme de la séparation de ses parents, il partage une intimité souvent évoquée mais trop rarement comprise : celle de l’enfant qui comprend sans vouloir le croire.

Et pour cause : qui pourrait en vouloir à ces innocents à qui l’on prête de dire la vérité ? Et que les adultes feignent pourtant d’ignorer ? Dans la majesté introvertie de Tim Linghaus pour l’imposer enfin, une porte se dessine. Elle s’ouvre sur un essentiel dont il avait déjà le secret dans Memory Sketches en 2018. Dans son nouvel opus, il lui donne le mot pour conjurer les maux d’hier en quiétude intérieure nécessaire. Car son objectif est bel et bien d’avancer et non de s’apitoyer. S’il pouvait espérer plus que tout de connaître enfin la lumière, comme c’était le cas par exemple dans son titre Drive Me Somewhere Nice, il l’accompagne à présent. Et à son tour, à travers les yeux d’un garçon qu’il nomma K.

BON IVER

22, A Million

Tim Linghaus : derrière les ombres

On pointera en tout premier lieu celle de Bon Iver. L’œuvre de l’Américain Justin Vernon transpire de cette nouvelle production signée Tim Linghaus. N’en déplaise aux deux protagonistes : We Were Young When You Left Home forme un incroyable écho à 22, A Million paru en 2016. D’autre part, on prendra le temps d’apprécier les contours de l’ombre de Tim Linghaus lui-même. Sur le fil de sa propre existence, l’artiste ne se dissimule plus derrière elle. Au contraire, il s’en sert comme d’un tremplin pour comprendre toute sa singularité.

Par conséquent, K incarne bien plus que son propre imaginaire. Le jeune garçon peut être vu comme un voyageur, à cheval entre ce dont il rêvait et ce dont il rêvera jusqu’à la fin de ses jours. Hurricane Me en mode jazzy. Et toujours, ces sons venus d’ailleurs comme de nulle part. Ces tempos ressentis et ces blanches arc-en-ciel au piano. Si les ondes des actes parentaux se propagent durant toute la vie de l’enfant, le message de Tim Linghaus ne cherche pas à l’encourager à s’en satisfaire. Au contraire, il le détourne d’une logique mortifère et d’infantilisation. Pour (ré)ouvrir les yeux sur ce qu’il est, le devenir.

Tim Linghaus : Site officiel | Facebook