TDG1170

Mercredi dans les salles obscures, une étoile est née. Sa lumière a crevé l’écran. Son berceau est le dernier long-métrage de Tom Hooper, The Danish Girl. Son nom est Eddie Redmayne.

C’est l’histoire d’un artiste-peintre, Einar Wegener (Eddie Redmayne), reconnu par ses pairs. C’est l’histoire de son mariage avec Gerda (Alicia Vikander), artiste-peintre tout comme lui. C’est l’histoire d’une identité perdue dans les tréfonds de son âme d’homme, qui va resurgir plus forte que jamais au détour d’une toile exécutée par sa femme.

Après Les Misérables en 2012 et Le Discours d’un Roi en 2010, le réalisateur Tom Hooper s’aventure une fois de plus sur le terrain d’un sujet méconnu du grand public. The Danish Girl conte en effet l’histoire de la première personne à avoir été opérée en 1930 dans le cadre d’une chirurgie de réattribution sexuelle.

The Danish Girl n’est pas qu’une simple esquisse du transgenre. Messieurs, n’ayez donc aucune crainte : vous ressortirez avec tous vos attributs masculins à la fin de la séance.

The Danish Girl, c’est avant tout une poésie conjuguant tous les arts. Ces derniers portent le destin du personnage principal, Einar Wegener, et transforment les coups de pinceau en une danse intérieure faisant tourbillonner ses sentiments et son moi profonds jusqu’à l’éclosion de celui, ou plutôt, de celle qu’il avait toujours été : Lili Elbe.

The Danish Girl est une fresque déroutante reliant la beauté des styles architecturaux et culturels de Copenhague et de Paris à celle d’une union qui transcende l’amour existant entre ses deux – trois – composantes.

La réussite de ce film réside également dans sa justesse scénaristique et de réalisation. Au diable le mélodrame, les séquences les plus dures, les plus humiliantes, les plus injustes de The Danish Girl sont mises en lumière de façon à n’être qu’un mouvement de plus dans la valse de Einar et de Lili, jusqu’au porté final et le corps tout entier de Lili tourné vers le ciel.

Enfin, soulignons l’incroyable complémentarité du casting mais aussi et surtout, la prestation hors-norme d’Eddie Redmayne. Après son interprétation en 2014 saluée par la critique du célèbre Stephen Hawking dans Une merveilleuse histoire du temps, l’acteur atteint aujourd’hui un nouveau palier et accède au rang des acteurs d’exception.

Sous de faux airs qui semblent avoir été empruntés à Kristin Scott Thomas, Eddie Redmayne dessine les contours d’une Lili plus vraie que nature. Son jeu transfigure la réalité de cette héroïne « d’un nouveau genre ». Il l’emporte jusqu’à la dernière séquence du film, point final d’un talent qui ne pourra plus être démenti.