elisapie isaac the ballad of the runaway girl

Le 14 septembre prochain sortira l’album d’Elisapie Isaac, The Ballad Of The Runaway Girl. Le premier de ce côté-ci de l’Atlantique, le troisième de l’autre. L’artiste canadienne, originaire du Nunavik dans le nord du Québec, y dévoile toute l’ampleur de ses origines, à travers une musicalité pop-folk née dans un désert de glace il y a des années.

Chez les Inuits, l’adoption est considérée par beaucoup comme une tradition. L’enfant devient un présent offert aux couples ne pouvant pas en avoir. Elisapie Isaac fut l’un d’entre eux, moitié blanche de par son père biologique, moitié Inuit de par sa mère. Très jeune, elle ressent le besoin de quitter ses terres gelées, qui l’enferment, qui l’immobilisent.

Les somptueux décors de sa patrie, composés des lacs façonnés par les glaciers et vêtus d’une forêt boréale, se muent en un pénitencier blanc dont il faut qu’elle s’évade. Direction le sud, pour y apprendre l’anglais, le français. Pour y faire de la radio. Pour y écrire, composer, chanter. Pour cette grande maison qu’elle voit dans ses rêves.

S’échapper pour mieux revenir

Elisapie Isaac a fait du chemin depuis ses premier pas avec Alain Auger et leur duo Taima. Elle a fêté ses quarante ans en 2017. Elle est maman de deux enfants. La fille de la fuite est désormais une femme ayant fait de sa quête d’identité une ode aux retrouvailles et à la réconciliation. The Ballad Of The Runaway Girl à paraître vendredi prochain, est une révérence poétique à ses racines, le témoignage d’un amour fruit d’un métissage, d’un don, d’une nature aussi rude que bienveillante.

Darkness Bring The Light : on veut bien croire Elisapie Isaac tant les zones d’ombre de son passé furent complexes à élucider. Et s’il en subsiste certaines, le secret est sans aucun doute dans la naissance, puis la renaissance de l’être, la transmission, enfin. Aujourd’hui, Elisapie Isaac parle l’inuktitut, l’anglais et le français. Elle rêve d’une petite cabane au bord d’un lac. Elle veut marcher dans les pas de ses parents en pleine nature, pour sécher la viande de béluga avec ses enfants durant l’été.

 


Crédits photos : LePigeon