form c.w.t. Hausmane Jamaleddin

Du très lourd : c’est ce qu’on se dit en découvrant le nouvel EP de Form C.W.T. (It Comes With the Territory), à paraître vendredi 29 novembre. Le trio parisien emmené par Hausmane Jamaleddin dénote singulièrement dans le paysage électro-pop de la scène indé française. Il se produira le 10 décembre au Point Éphémère pour la Release Party.

Au départ, ils étaient quatre. Mais Bastien semble avoir déserté. En tous les cas, il n’apparaît plus aux côtés d’Adrien Vincent, d’Aksel Bahouche ni d’Hausmane Jamaleddin sur la page Facebook de Form. Cela n’a pas empêché ce projet musical initié il y a six ans de poursuivre sa route et de marquer les esprits. Il faut dire que le groupe, originaire du 9-5, s’est déjà produit dans certains événements de premier ordre à l’instar de Rock en Seine en 2018. Il a même été finaliste du Prix Ricard Music Live cette année.

Form met en avant un certain nombre de références pour décrire sa musique aux gens qui n’ont pas encore eu la chance de l’écouter. James Blake, Radiohead, Jungle, Jordan Rakei ou encore Fink. Mais pour être encore plus précis pour définir la dimension Form, disons qu’elle peut aussi faire écho à celle de Fyfe dans son premier opus Control. Et ce, tant au niveau de la composition qu’au niveau de la “vocal attitude” d’Hausmane Jamaleddin. Une approche posée, assurée, profondément chaleureuse, par laquelle sa belle et grave voix de velours devient un murmure inéluctable porté harmonieusement par les élans de ses deux compères.

Form : transcender les symboles

Dans C.W.T. (It Comes With the Territory), Form voit les choses en grand et ne se prive pas de les partager. Pour preuve, le temps pris par le trio pour exposer sa vision de la liberté et de l’évolution de notre société, dont l’individualisme forcené la mène à sa propre perte. Ainsi, on retrouve sur le site officiel de Form quelques lignes attachées à chacun des sept titres composant l’EP. C’est suffisamment rare pour être souligné. La musique n’est pas que de la musique. C’est aussi un acte de création. Et qui dit acte de création dit un message offert à l’autre. Un regard, une vision même sur l’idée qu’on se fait d’aujourd’hui à travers le temps qui a passé. Qui poursuit immuablement sa route.

Entre réalisme, évasion spirituelle et connexion à l’être qui réclame tant bien que mal la libre expression de ce qu’il est, Form invite l’auditeur à ne pas céder à la pression des dogmes dans Trigger. Il le repositionne face à sa propre solitude dans Mirrors pour en tirer profit avant de la subir. Dans Waterfall, il concrétise la nécessite de se recentrer sur soi avant d’entamer toute nouvelle action pour s’ouvrir au monde tel qu’il est et créer des liens durables avec l’autre. Ce titre est l’occasion de collaborer avec la perspective artistique essentielle de La Chica. Deux autres collaborations agrémentent l’EP C.W.T. D’une part, avec Elbi pour Drifting. D’autre part, avec Mr. J. Medeiros pour Fucks on Zero. Enfin, ne passez pas à côté du titre White Flag. Sa version acoustique publiée le 18 novembre est bouleversante. Elle est le Trouble, le Karma Police, le Holding On de Form. Sa Bitter Sweet Symphony.

 


Form : Site officiel | Facebook | Crédits photos : Flavien Prioreau