GUSTER

Guster a écumé un nombre incalculable de scènes depuis 1991, et nous a fait sautiller et bouger avec lui sur ses rythmes acoustiques gentiment endiablés. Mais avec Evermotion, sorti aujourd’hui dans les bacs américains et annoncé pour le 2 février en France, c’est un plane total que nous propose Guster, plus proche que jamais de ses revendications alternatives.

Un déguisement conceptuel et lumineux qui les fait survoler des gratte-ciels aux contours formés par des pailles de discothèque fluorescentes : voilà comment se présentent les quatre loustics de Guster dans le clip du premier single Long Night ouvrant le bal musical de leur dernier opus, Evermotion, bien distinct de tous les autres.

L’album étonne, et tranche par bien des aspects avec la discographie passée du groupe.

Certes, la pop dans laquelle Guster avait coutume de se réfugier fut toujours très inspirée. Souvenons-nous dans ce sens de leur troisième album Lost and gone forever, qui les révéla avec notamment le titre Fa-Fa ; de leur cinquième, Ganging up on the sun, qui leur permit trois mois après sa sortie de gagner le Boston Music Awards dans la catégorie meilleur album de l’année ; sans oublier leur dernier bébé en date sorti en 2010 – cinq ans déjà (!) – Easy Wonderdul, et le so british Bad Bad World, diffusé gratuitement sur le net dès sa mise en boîte.

On retrouve avec plaisir les influences des Red Hot, de Phil Collins, et de Fool’s Garden sur certains morceaux de ce nouvel album, comme dans le morceau Simply machine, dans lequel Ryan Miller, lead singer du groupe depuis ses débuts, s’en donne à cœur joie en transmettant toute sa patate à nos petits corps refroidis en cette si rude saison hivernale.

On note toutefois une volonté de dépasser ce monde originel à travers l’exploration d’un genre bien plus complexe qu’il n’y paraît. À l’instar du titre Long Night, la formule mariant les leviers alternatifs avec ceux de la pop décrit une mesure bien plus mélodieuse, qui nous trimballe à bout de bras dans les airs d’une nouvelle ère : celle d’une histoire angélique nous berçant au rythme des bruissements du xylophone enchanteur de Brian Rosenworcel.

Après un petit détour par la plage paradisiaque de votre choix, chemise fleurie pour monsieur, pagne hawaïen pour madame, une noix de coco dans la main, étendus sur le sable chaud avec le bruit des vagues et Never Coming Down à la radio, direction les années 80 et cet Endlessly qu’on souhaiterait effectivement éternel tant il est empreint de la nostalgie de ces groupes considérés à l’époque comme étant bien trop avant-gardistes, et qu’on regrette pourtant avec une pointe de mélancolie, le sourire aux lèvres et les yeux tournés vers les étoiles.

Je suis certain que vous comprendrez ce que je veux dire.

Le dernier single mis en ligne sur le site officiel du groupe, Gangway, joue quant à lui sur les résonnances vintage des seventies. Un brin léger dans ses intentions, on imagine aisément une séquence au ralenti d’un jeune couple se baladant naïvement main dans la main en pleine nature sous un soleil de printemps. L’image est un peu jaunie mais suffisamment jolie pour pouvoir se dire là aussi : c’était mieux avant.

Quoiqu’il en soit, notre quatuor from Boston mérite toute votre attention, et bien plus encore, dans cette traversée qu’il entame sur son nouveau yacht sans breloque avec, dans le regard de chacun de ses membres d’équipage, une longue-vue sur-mesure greffée sur une vision d’un lendemain optimiste et très prometteur quant à sa plongée en apnée jusqu’aux abysses d’une tonalité alternative toujours plus affirmée.


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