jaws of love kelcey ayer tasha sits close to the piano

Kelcey Ayer, l’un des chanteurs les plus emblématiques du groupe californien Local Natives, débarque cette semaine avec le premier épisode de son nouveau projet solo Jaws of Love, traduisez « Les mâchoires de l’amour ». Tasha sits close to the Piano sortira ce vendredi. Au programme : frissons aériens, textes incarnés et une voix qui trouble toujours autant.

Quiconque a déjà eu l’opportunité d’entendre la voix de Kelcey Ayer a sans aucun doute été bouleversé par l’expression extraordinaire et cristalline de ces émotions bien humaines. L’Américain propose d’y ajouter celles animales dans le premier volet de son nouveau projet musical en solitaire qu’il a prénommé Jaws of Love.

Dans Tasha sits close to the Piano, il y a Tasha, la chienne providentielle de Kelcey Ayer. Providentielle, car c’est la toute première que l’artiste adopte avec sa compagne : « J’ai toujours voulu un chien mais je n’avais jamais eu l’occasion d’en avoir un. Lorsque Mel et moi avons décidé d’adopter Tasha, ma vie a complètement changé » nous confiait-il il y a quelques jours.

Ainsi, Kelcey Ayer profite de la présence de sa nouvelle amie à quatre pattes pour développer à travers Jaws of Love toute la profondeur de ses sensations de toujours : « C’est très bénéfique pour moi d’avoir pu concevoir toutes ces nouvelles chansons. J’ai pu étreindre complètement l’homme que je suis. Ce fut merveilleux de ne pas avoir à m’expliquer. J’ai dans mon cœur et mon esprit cette musique sombre au piano : Jaws of Love, c’est moi dans toute ma sincérité d’être ».

De You & I au Lake Tahoe

À l’époque, le cri de Kelcey Ayer dans You & I, un titre made by Local Natives disponible sur l’album Hummingbird, m’avait sidéré. Tasha sits close to the Piano est l’occasion de retrouver cette expression primordiale dont Kelcey Ayer a le secret, le mystère, l’intention. Il devient l’ombre de Jaws of Love, le protagoniste de ses aspirations conjuguées à tous les temps, évoluant désormais à découvert.

Jaws of Love prend le temps de se présenter sur une première plage d’une extrême sensibilité. Les mouvements de l’âme décrivent des va-et-vient insinuant le meilleur comme le plus triste. Le plus beau comme le plus impalpable. Cette introduction annonce les effusions, celles explosant sur les rives du Lake Tahoe.

Collaboration extrasensorielle

« Le fait d’avoir un chien implique toute une série d’échanges non-verbaux, dans une sorte de prédiction constante de ce dont l’autre a besoin, bien plus que dans n’importe quelle autre relation humaine. Ainsi, bien que ce premier album ne concerne pas explicitement Tasha, notre relation fait résonner une belle parenté dans celui-ci, notamment au sujet des complications pouvant subvenir en amour et en communication ».

Jaws of Love devient progressivement le réceptacle des connexions invisibles entre Kelcey Ayer et Tasha.  Entre les maux du cœur du premier et le refuge s’exprimant dans le seul regard de la seconde, les mélodies de l’âme fluctuent avant de devenir de véritables raz-de-marée. Everything est alors possible, surtout lorsqu’il s’agit de se dépasser, jour après jour, pour l’amour d’une vie.

Une poésie intuitive telle une promesse

Tasha sits close to the Piano est une merveille de sens, d’élégance et d’intimité. Jaws of Love est l’exemple d’une mue totalement assumée, dans la continuité de ce que Kelcey Ayer a déjà interprété de plus beau par le passé. Clôturant l’album avec le très « radioheadesque » Nightlight, il métamorphose la lueur nocturne de son for intérieur en une nuit étoilée enchantée.

Nul doute que Jaws of Love saura poursuivre la construction de ce chemin singulier au cœur de la voie lactée avec Tasha à ses côtés : « J’ignore où nous mènera notre collaboration après ça, mais j’aimerais beaucoup l’inclure dans le prochain album. J’ai d’ailleurs déjà enregistré des échantillons de ses aboiements pour d’autres démos en cours de réalisation ».