Kate Miller-Heidke

Après Curiouser sorti en 2010 et Nightflight paru il y a trois ans, l’australienne Kate Miller-Heidke nous revient lundi prochain avec son nouvel album intitulé O Vertigo ! pour nous conter en version européenne l’histoire de la réconciliation de la musique classique et de la pop au sein de compositions atypiques et déstabilisantes qui pourront procurer à certains des sensations… vertigineuses.

J’ai d’abord cru à l’émancipation d’une frêle bergère suisse qui, descendue de ses montagnes, souhaitait diffuser au plus grand nombre ses vocalises bien trop saccadées et haut perchées pour être humaines. J’ai ensuite maudit les monteurs et les arrangeurs, imaginant leur vendetta dans les studios d’enregistrement pour conférer au son originel une empreinte bien plus binaire qu’ordinaire.

Finalement, je me suis rendu compte que je faisais fausse route. Car la voix de Kate Miller-Heidke est garantie 100% bio et 100% plaisir pour vos petites oreilles, qui ne s’en remettront sans doute pas de si tôt.

Comment vous dire : prenez une technique vocale ultra-précise, une palette d’émotions conjuguant douceur, bonheur et quelques frayeurs, une inspiration susurrée par des muses célestes. Ajoutez une pincée de folie, un tact certain dans le choix des collaborations, une trame multiforme tournée vers l’autre qui peut aussi être, en l’occurrence, celui que l’on ne peut même pas toucher ou voir.

Vous obtiendrez O Vertigo !, porte d’entrée d’un nouveau monde à la polarité inversée dans lequel Kate Miller-Heidke saura vous amadouer pour vous prendre par la main et vous aider à enjamber la rambarde avec elle. Destination : le vide, pour un saut de plusieurs kilomètres sans filet ni parachute. Aucune crainte à avoir quand on sait que ses airs vous réceptionneront à l’arrivée et que leurs souffles vous renverront dix fois plus haut pour aller cueillir les nuages d’une terre dont vous-même ignoriez jusque-là l’existence.

C’est étrange, c’est facétieux, c’est heureux : c’est au final un condensé assez cohérent du parcours de cette belle blonde au regard d’acier, issue d’une formation de chanteuse lyrique du Queensland Conservatorium et amoureuse de la pop et de ses envolées qui n’ont parfois rien à envier aux plus beaux opéras de notre ère, auxquels elle a d’ailleurs aussi apporté ses talents à New-York, à Londres, et à Sydney.

Mentions spéciales pour Offer it up, le premier single de O Vertigo ! sorti en janvier dernier, rappelant la sensualité simple et légère d’un Oh ! de Micky Green ; pour Yours was the body, marche d’une impératrice au faîte de ses ambitions abrasives ; pour Share your air, duo interprété en Europe aux côtés d’Andy Burrows, l’ancien batteur de Razorlight dont le rythme inné jalonne une montée en puissance vocale romantique mettant en lumière la facette « Mclachlanienne » de Kate. Sans omettre le titre Ghost, un autre duo formé cette fois-ci avec Megan Washington, l’une des trois vocalistes du titre album O Vertigo !, invoquant un au-delà sentimental à l’unisson.


Retrouvez toute l’actu de Kate Miller-Heidke sur son site officiel. En concert le 30 avril prochain à la Maroquinerie à Paris.