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Kenneth La’Ron aka KennyHoopla a révélé vendredi 15 mai en France son tout premier EP how will I rest in peace if i’m buried by a highway ? Le jeune prodige, originaire de Cleveland aux États-Unis, lance son pavé dans la mare à travers un songwriting ingénieux et définitivement contemporain.

Kenneth La’Ron est un survivant. En ce sens qu’il s’est toujours considéré lui-même comme un paria. Il est trimballé entre Cleveland et le Wisconsin jusqu’à ses quinze ans. Ces voyages incessants débutent lorsque sa mère décide de quitter Cleveland après avoir échappé à la mort. Une balle lui transperce l’oreille alors qu’elle tient le petit frère de Kenneth dans les bras. Quelques millimètres en trop et celle-ci lui aurait traversé le crâne. De là se forme l’identité d’un artiste dévoué à la cause musicale. Il n’a que ça selon ses propres termes. C’est au détour d’un épisode de Bob l’éponge qu’il trouve son nom de scène : KennyHoopla.

Les créations de KennyHoopla transgressent parce qu’elles ignorent les tendances. Ainsi, le jeune auteur, compositeur, interprète américain leur préfère une mélancolie new wave. Elle est son approche au-delà des genres. Celle qui incarne son véritable son. Si certains de ces premiers followers ont pu souligner que chacun de ces nouveaux morceaux ne révélait pas une trame continue, KennyHoopla ne manque pas d’airs ni d’arguments à leur opposer. En premier lieu, l’engagement qu’induit sa perspective de confection. Tout donner, viser l’excellence. Et ce, malgré des moyens limités dont il dispose. Notamment pour la production de ses morceaux.

KennyHoopla : la vague ne s’arrêtera pas

Les studios ne courent pas les rues à Oshkosh dans le Wisconsin. On est loin de l’offre pléthorique de New York et de Los Angeles. Par conséquent, le DIY chez KennyHoopla retrouve toutes ses lettres de noblesse. Il devient même une composante à part entière de son travail de longue haleine, pensé et intensément ressenti. Aussi peut-on s’interroger : la musique de KennyHoopla partagerait-elle tant de verve si elle n’avait pas été conçue de la sorte ? Sans doute que non. L’artiste est investi, l’homme sur la défensive. Il s’excuse tout autant qu’il fuck à tout bout de champ dans ses interviews. Un exercice qu’il avoue lui-même ne pas affectionner outre mesure, sans que cela ne constitue une véritable surprise.

Car dans ses différents singles révélés chaque année depuis trois ans, mais également, dans son premier EP how will I rest in peace if i’m buried by a highway ? paru en France la semaine dernière, on perçoit chez KennyHoopla cette envie viscérale de toucher l’autre et, au même moment, de rester caché. Résultat : une manière de décrire notre monde qui résonne en conscience. The world is flat and this is the edge. Une sentence qui pourrait signifier la fin de l’histoire à elle seule. Et qui, pourtant, est à la mesure de l’espoir que KennyHoopla nourrit depuis toujours. Derrière la plastic door, la poussière s’accumule. Elle forme le nuage d’une nouvelle entrée une fois ouverte. Un vortex vers ces événements qui ont échappé à tous.

 


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