lian ray rose

Le 13 mars dernier, à quelques jours du début du confinement en France, Lian Ray dévoilait son premier album Rose. Celui-ci aurait pu tomber aux oubliettes à cause des événements. C’était sans compter sur l’écho puissant que ses mélodies enfin dévoilées détenaient.

Huit ans : c’est le temps qui s’écoula entre l’enregistrement de l’album Rose en 2012 à Berlin et sa sortie chez Snowstar Records en 2020. Une création qui se bonifia tel un grand cru et dont Lian Ray déguste aujourd’hui chacune des sensations qu’il suggère à l’auditeur. L’approche artistique est dark, tant dans les mots que dans les notes. Il faut dire que l’auteur, compositeur et interprète français s’était un peu perdu. Entre autres, dans des amours sans scrupules et dans certaines addictions que l’étaient tout autant.

Entre Rose et héro, l’esprit de Lian Ray a déambulé dans les affres sempiternelles de l’âme. Celles qui existent quand on existe plus soi-même. Mais sempiternelles ne veut pas dire éternelles. La reconnexion du songwriter avec le réel est désormais actée. Elle a animé ses tortures et redonné vie à ses espoirs de la plus belle façon qui soit. Aucun artifice : l’expression mélodique est dépouillée. Elle tutoie une pop mélancolique qui répond à celle de The Villagers, The National. Qui se souvient aussi de celle d’un certain Serge Gainsbourg.

Lian Ray : résurrection ?

Dans les années 90, Lian Ray s’était fait connaître grâce à son groupe pop-rock Rhesus. Hey Darling, can you remember ? Déjà, le disco était triste. Il s’agissait aussi de partir. De s’en aller pour rencontrer ces Little Things qui pourraient changer l’existence, en saisir tout le sens. C’est d’ailleurs ce que fit Lian Ray en s’expatriant à Berlin pendant quelques années. Elles furent mémorables et lui permirent finalement d’extirper les maux par le beau.

Installé officiellement à Amsterdam désormais, Lian Ray a appris à sourire. À reconnaître cette trace inédite sur son visage tant elle semblait inespérée. Les Demons étaient et demeurent à travers les différentes étapes que le songwriter vécut. Mais quelque chose a changé. Dans le monde du design, le noir est le nouveau blanc. Il en va de même pour la musique de Lian. Derrière les souvenirs mordants et le vacarme du regret, la blancheur est intense. Elle reflète une lumière naturelle venue de l’intérieur.

 


Lian Ray : Facebook | Crédits photos : Fotono Photography