cassette spence sixsix ep

L’Américaine Cassette Spence débarque le 6 juin 2020 avec son nouvel EP Sixsix, deux ans après un premier intitulé With Fangs. Aux grands maux les grands remèdes : elle intrigue et attise notre curiosité, puis notre affection.

Cassette Spence nous vient du Sud du Texas aux États-Unis. Perdue entre les groupes de pop mexicaine et ceux de métal faisant salles combles dans sa région, elle est rapidement appelée ailleurs. Vers une autre musique, plus soft, plus rentrée. Une folk électro qu’elle traficote, notamment avec un enregistreur multipiste hérité de son oncle à l’âge de quatorze ans. Il la suit partout depuis son départ du Texas. De Boston à Los Angeles, et aujourd’hui à New York. D’où son nom de scène.

Avant de se lancer dans son projet solo, Cassette Spence fonde Vassals en 2011. Il s’agit d’un groupe versant d’un l’art d’un rock bien sali. Depuis 2018, en son seul nom, elle prend le micro et chante ses propres textes. Des confessions teintées d’une amertume attendrissante. Elle y évoque, entre autres, son désir d’arrêter le temps. Voire de racheter certaines de ses heures perdues pour les passer avec ceux qu’elle aime. Ainsi que la crainte de s’éloigner trop longtemps de ce qu’elle est, au risque de ne plus se retrouver.

Cassette Spence : Sweet Ghost

L’approche musicale de Cassette Spence est presque expérimentale parfois. À l’écoute de son second EP Sixsix à paraître demain, on pense à l’univers de l’Islandaise Sóley et à l’éternelle Joan Osborne. Sans omettre Cigarettes After Sex. Ça grésille, ça semble hésiter, mais il n’en est rien. De quoi s’installer confortablement sur le dos de ces Little Birds évadés de leur cage dorée pour vivre à nouveau pleinement leur liberté. Entre le jour le plus court de l’année et celui le plus long, Solstice nous invite à emprunter un portail vers ces moments qui ne s’oublient pas.

C’est beau, touchant, déchirant. Et tellement inattendu. Sans doute l’une des plus jolies découvertes de 2020, portée par Echo Orange en France. Dans cette atmosphère voluptueuse, les volutes de fumée de Cassette Spence dans son appart de Brooklyn traversent l’océan. On finit sur son divan au milieu de son foutoir. Guitares, synthétiseurs, drum machines : ce bazar prend vie tant chaque élément est à sa juste place. À croire que, même chez elle, Cassette Spence sait l’importance du décor. Comme sur scène, au ciné ou dans une pub marquant les esprits. Où les accessoires de la petite brune à lunettes ancrent son histoire dans les époques.

 


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