Man is not a bird

Man is not a Bird sort lundi prochain son tout premier album intitulé : Survived the Great Flood. Histoire de nous conter sa vision du post-rock et de chahuter nos certitudes angoissées pour les convertir en une douce symphonie multiforme et avisée.

Tel est pris qui croyait prendre : voilà le ressenti que j’ai eu en écoutant le premier opus de ces quatre Parisiens sortis d’on ne sait où, et qui se sont pourtant déjà fait connaître sur les nombreuses scènes qu’ils ont électrisées à coups de grattes endiablées et de compos bienveillantes et torturées.

Dès les premières mesures, je me suis en effet retrouvé littéralement piégé par ce son, orchestré avec un tel brio qu’il réussit à grimer la musique en une pièce de théâtre inédite, dans laquelle l’auditeur dépasse son rôle de spectateur pour devenir l’acteur d’émotions incarnées avant l’heure.

Car si Julian, Valentin, Maxime et Jordan savent susciter le chamboulement, c’est parce qu’ils ont cette capacité à constituer la nouvelle garde du post-rock français en proposant une alternative aux univers déjà existants, mariant la réinvention de leurs propres influences et une imagination balbutiée offrant des perspectives complètement maîtrisées, totalement barrées.

En clair : on entre par une porte qui nous semble familière, pour plonger tête la première dans les eaux du groupe et nous laisser voguer gentiment sur le dos sous un ciel de naissance du monde parsemé des lueurs issues de couleurs jusque-là jamais vues.

C’est exactement ce qui s’est produit sur Running Endlessly : l’entrée avait le cadre en métal finement travaillé d’un Smashing Pumpkins, et là, le temps s’est suspendu avec la voix d’Alexandra Morte, qui m’a accueilli en me prenant dans ses bras et en me susurrant à l’oreille le déroulé de ma visite.

C’est exactement ce qui s’est aussi produit avec D.I.P, le premier single de l’album sorti en janvier dernier, qui m’a tendu la main avec ses résonnances de Sigur Rós et de Mettalica, pour m’embarquer ailleurs, une fois n’est pas coutume, au creux de la Terre cette fois.

Mention spéciale pour le titre La Tendresse, dans lequel la jolie fille devient la méchante femme, le vilain garçon le gentil monsieur, et où la profondeur des accords, dénuée de tout artifice, fait écho à celle de ceux d’un Fauve, avec ceci de différent que les mots sont choisis dans leur plus simple appareil pour mettre à nu toute la nostalgie, la rage, le désespoir et la fatalité liés à l’émergence même de cette tendresse à laquelle on ne peut pourtant que se raccrocher.

Laissez-vous surprendre, laissez-vous porter. Et rejoignez sans plus attendre les méandres de l’âme de ces hommes qui ne savaient pas voler, mais qui sauront son nul doute vous prêter leurs ailes pour que vous puissiez faire planer la vôtre.



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